Chevauchée Mongole
9 août 2010 par Claire Descoqs / Actualités
Qu’évoque le nom “Mongolie” pour vous ? Les steppes, le Gobi, les nomades, les yourtes et les chevaux, c’est du moins l’image que s’en font la plupart des européens. Or, la Mongolie recèle une petite merveille d’un bleu indéfinissable : le lac Khövsgöl, paradis des randonneurs, cavaliers et trekkeurs en tous genre.

C’est sur les rives de ce lac que j’ai décidé de séjourner en attendant mon nouveau visa russe. En effet, bien que j’apprécie beaucoup la capitale mongole, l’idée d’y rester 15 jours sous une chaleur insupportable était loin de me séduire.
J’ai donc parcouru en mini-bus les 790 km de piste qui séparent Oulan-Bator de Khatgal, petite ville au sud du lac. Ce voyage, épique sous bien des points de vue à duré une vingtaine d’heures. Vous pouvez donc bien vous représenter notre joie à tous quand nous avons enfin pu respirer l’air frais du lac !
Une fois arrivées, nous (moi et Laurence, une amie qui m’avait rejoint de France) avons décidé de louer des chevaux et les services d’un guide afin d’explorer un peu mieux la région.
Nous avons opté pour un petit circuit de 6 jours au cours duquel nous avons visité le Sud-Ouest du lac. Le lac du Khövsgöl est entouré de chaînes de montagne, notre expédition a donc commencé par une montée en altitude, jusqu’à l’un des sommets principaux de la chaîne Khoridol Saridag : Ikh Uul (litt. Grande Montagne) qui culmine à 2961 mètres d’altitude.
Nous avons mis 3 jours pour gagner cette montagne d’où un point de vue magnifique sur la vallée de Mongoliyn Gol s’est offert à nous.
Continuant notre route vers le lac, nous nous sommes retrouvé sur une corniche, balcon offrant aux regards des européennes ébahies que nous étions un panorama grandiose sur le lac, et ce même si ce jour là , Tenger, le ciel, n’était pas très coopératif…
Les dénivelés sont assez brutaux parfois en Mongolie et nous avons eu la joie de descendre des versants abruptes, avec des pentes proche des 90° et j’exagère à peine ! Nous avons bien entendu dû descendre de cheval et guidé nos montures dans la descente en priant le ciel que personne ne finisse en roulé-boulé au fond de la vallée !
Je peux vous garantir que les quelques kilomètres de plat dans une pinède calme et tranquille avant notre arrivée à l’étape du jour ont été plus que bienvenus !
Nous avons ensuite longé le lac pendant toute une journée, croisant au passage un (très touristique) mini-campement Tsaatan. Les Tsaatans sont une ethnie d’éleveur de rennes, on raconte qu’ils descendent d’une tribu d’Evenk venue du Nord, de Sibérie et qui se serait installée dans les hauteurs du lac Khövsgöl en raison des nombreux avantages qu’offrait la région.
Nous nous sommes ensuite rendu dans une famille d’éleveur et avons pu participer au quotidien des femmes de la steppe, traite des yacks, fabrication des fromages, des yaourts et autres beurres traditionnels, préparation du suutei-tsai, le thé au lait salé, cuisson du tsuivan, un des plats traditionnels mongol à base de viande de yack bouilli et de longues pâtes blanches.
Dans la région du Khövsgöl, certains Mongols ont adopté un mode de vie semi-nomade. Nombreux sont ceux qui vivent dans des maisonnettes de bois carrées, agencées comme les yourtes de feutres traditionnelles.
Notre périple s’est achevé par une excursion à l’extrême sud du lac, occasion de derniers grands galops dans l’immensité verte de la steppe.
Le retour à la vie citadine a été rude, surtout que nous avons dans débarqué dans Oulan-Bator en plein Naadam, la fête nationale mongole qui rassemble mongols des 4 coins de la steppe et étrangers venus de tous horizons.
Irkoutsk en robe de bal
23 juillet 2010 par Claire Descoqs / Actualités
Irkoutsk renoue tous les ans avec la tradition des bals des XVII°, XVIII° et XIX° siècles. Pour l’occasion, des cours de danse d’époque sont organisés par la société des musées de la ville.
Cette année, ils ont débutés au début du mois de mai dans la magnifique propriété-musée de l’ex-gouverneur d’Irkoutsk : l’Oussadba Soukatchova.
Presque chaque vendredi soir, Luda, Natacha et moi nous rendions dans ce musée afin de participer à ces fameux cours. Nous avons vainement essayé de convaincre nos collègues masculins de se joindre à nous mais les quadrilles, contre-danses et autres valses ne semblaient pas vraiment inspiré ces messieurs !
Chaque semaine, nous nous exercions à l’art compliqué des danses de salon pour terminer en apothéose par une remontée dans le temps par un beau samedi après-midi de juin. En effet, ces cours étaient organisés dans le but ultime de participer au bal donné par le musée.
Luda, Natacha et moi y avons bien entendu participé, habillée de magnifique robes longues datant du XIX° siècle. Cet évènement avait un petit parfum de conte de fée, de rêve de petite fille enfin réalisé. C’était vraiment étrange de voir ces jeunes femmes modernes (nous étions bien entendu une grande majorité de fille ! ) en costume d’époque. C’était tout à fait comme si le temps s’était arrêté, d’autant que le cadre magnifique de ce musée d’art amplifiait cet effet.
Le bal a duré toute une après-midi, alternant danses et divertissements tels que spectacle équestre, solo de violon, buffet.
Je vous laisse imaginer combien cela nous a paru bizarre de retourner à la vie citadine contemporaine : plus de chevaux mais des voitures, plus de musique classique jouée en live par des musiciens talentueux mais de la bonne pop russe crachée par des radios grésillantes, quand au froufrou des robes glissant sur le parquet, il s’est évanoui d’un coup remplacé par le crissement des pneus sur la chaussée.
Heureusement les photos, elles, restent, preuve tangible qu’il ne s’agissait pas d’un rêve !
Fête en ville
7 juin 2010 par Claire Descoqs / Actualités
Hier, le 6 juin, Irkoutsk en fête célébrait en grande pompe son anniversaire.
Pour l’occasion, tout le centre-ville était fermé à la circulation, à la plus grande joie des piétons, moi par exemple.
De nombreuses manifestations étaient organisées un peu partout dans la ville, à commencer par un carnaval qui a défilé dans les rues principales du centre-ville, depuis la rue Kamenetskogo jusqu’au boulevard Gagarina qui longe l’Angara.
Il y avait bien entendu quelques chars, décorés en bonne et due forme selon les thèmes choisis. Nous avons eu le droit entre autres à un char “Monster & Cie” représentant un centre linguistique anglophone, un ensemble folklorique au costume traditionnel de Sibérie, une procession de limousine avançant à 2km/heure maximum, encadrée par des mannequins en robe de mariée sophistiquée, un char aux couleurs de l’orient avec de ravissantes danseuses, nombril à l’air qui ont du haïr la chute brutale de température (hier il faisait à peine 10°C), un char de rocker, un peu agressif pour les oreilles, et, bien sûr, toute une panoplie de clowns au bon gros nez rouge.
La ville ordinairement tranquille le dimanche vibrait au son des concerts, jeux et lancers de ballons organisés un peu partout.
L’ambiance festive a perduré jusqu’au soir avec l’organisation d’un feu d’artifice magistral dont je n’ai malheureusement rien vu mais tout entendu. Entre nous soit dit, j’aurais préféré le contraire !
Plage, Shashliks et Bikinis
4 juin 2010 par Claire Descoqs / Actualités
J’ai la chance de vivre sur les berges de la rivière Irkout, celle qui a donné son nom à la ville d’Irkoutsk.
C’est un endroit ravissant, desservi par une “route” en terre remplie d’ornières, un faux-air de campagne au coeur de la ville. A mon arrivée, je ne croisais que de rares promeneurs solitaires dans ces lieux peu accessibles.
Mais depuis, le temps a passé, la glace a fondu, l’herbe a verdi et l’été est arrivé.
J’ai ainsi pu assister à un phénomène étrange, preuve irréfutable que la belle saison a bel et bien commencée : la migration des Irkoutskis (les habitants d’Irkoutsk) sur les berges de la rivière.
Dés que le moindre petit rayon de soleil apparaît, les berges sont colonisées par familles et groupes d’amis. Enfants à vélo, midinettes en bikinis, pique-niqueurs, musiciens, pêcheurs…les berges grouillent de monde, on se croirait presque sur la côte d’azur en plein mois d’août !
L’air est empli de l’odeur alléchante des Shashliks en train de cuire sur le feu (un sport national, ici),
un peu partout on entend des éclats de rires (vodka aidant) et tout le quartier vit au rythme du son grésillant des derniers hits russes à la mode craché à tous vents par les auto-radios de voitures poussiéreuses.
Les marchroutki, mystère pour une partie de l’humanité
29 mai 2010 par Sylvain Goutorbe / Actualités
Les marchroutki (à ne pas confondre avec la matriochki, les poupées russes) sont un mystère pour une partie de l’humanité mais pas pour les habitants de la Russie et ceux des anciennes républiques de l’ex-URSS, elles sont leur quotidien.
Les marchroutki (marchroutka au singulier, petit cours de grammaire russe en passant) sont des taxis collectifs qui sillonnent les villes et les campagnes en tous sens, depuis tôt le matin et jusqu’à parfois tard le soir, pour un prix légèrement supérieur aux bus, en revanche, elles sont plus rapides.
Elles portent un numéro ou, quand elles vont de ville à ville, le nom des différentes destinations, suivent un parcours fixe, les principaux arrêts sont marqués sur la portière.
Les marchroutki sont très appréciées et très attendues de la population. Pour certaines d’entre-elles, des files d’attentes, bien structurées, existent, pour le reste c’est un peu la loi du plus fort et ce n’est donc pas forcément le premier arrivé qui est le premier servi.
Elles peuvent contenir un peu plus d’une dizaine de passagers mais parfois bien plus, car, si le chauffeur décide de ne pas laisser des personnes sur le bord d’une route peu fréquentée alors on se serre par solidarité, d’autre fois la gente féminine s’assoit sur les genoux de la gente masculine (ou inversement), il y a des places à l’avant… La plupart du temps, il n’y a que quelques places de disponible alors c’est à celui qui arrive à rentrer le premier dans la marchroutka, tant pis si vous étiez arrivés avant : “you lose, try again”.
Oui, les marchroutki me font penser à un jeu vidéo, à tétris en particulier : vous avez une place de départ qui ne sera pas forcément pas la même à l’arrivée, vous aurez certainement entre temps laissé sortir vos voisins, vous vous serez décalés pour que d’autres s’assoient, vous rechangerez de place à l’arrêt d’après en prévision du vôtre en venir… C’est aussi, en quelque sorte, un vrai jeu des chaises musicales sauf que vous ne perdez pas votre place, heureusement pour ceux qui ont eu du mal à l’avoir…
Dans certaines villes vous payez dès votre montée à bord, à Irkoutsk, vous payer à votre sortie. Si vous ne savez pas quel système de paiement est en cours dans cette marchroutka, attendez, ne payez pas, regardez faire, de toute façon faites confiance au chauffeur, il sera bien vous faire comprendre que vous êtes un passager clandestin et qu’il vous faut régulariser votre situation. Pour celles qui ont adopté le post-paiement, pas de souci, pour les autres, si vous êtes au fond de la marchroutka, donnez votre argent à un passager situé dans la rangée juste devant vous, il passera ainsi de main en main jusqu’au chauffeur et la monnaie, s’il y a, reviendra de même. Le prix est généralement affiché. A Irkoutsk, actuellement, le trajet est de 12 roubles.
Vous aurez à demander votre arrêt. Il faut le faire sitôt passé celui qui précède le vôtre en disant fortement par exemple “Na slédouïouchi astanovke, pajalousta” (au prochain arrêt, s’il vous plait) ou bien encore “na + le nom de l’arrêt, pojalousta”, sinon espérez que quelqu’un le fasse à votre place ce qui peut vous emmener très loin… Le plus simple est de directement demander au chauffeur, en montant, de s’arrêter où vous le souhaitez : pojalousta, astanovitié na + nom de l’arrêt.
Comme vous l’avez compris, les marchroutki ne s’arrêtent pas à chaque arrêt, à l’inverse des autres transports en commun, alors si vous ne voulez pas qu’elles vous passent sous le nez, comme ça m’est déjà arrivé, faites leur signe, elles stopperont si elles ne sont pas déjà complètes.
Si vous voulez tentez l’aventure, la vraie, partager le quotidien de millions de personnes et enfin percer le mystère qui entoure les marchroutki, empruntez les, au hasard, vous verrez bien où vous arriverez. Vous pourrez toujours revenir par le même trajet, à moins que vous ne soyez montés dans la dernière marchroutka de la journée, alors comme disent les Russes, pajiviom ouvidim (qui vivra verra)…
Quand Sibérie mène à Mongolie…
26 mai 2010 par Claire Descoqs / Actualités, En vedette
Aux portes de la Sibérie, là où la taïga cède le pas à la steppe, s’étend un pays vaste comme trois fois la France et 20 fois moins peuplé : la Mongolie.
Terre de hauts plateaux au climat rude, pays du vent et du ciel bleu où paissent librement chevaux, chameaux, yacks et chèvres, c’est l’une des seules régions au monde où perdure encore le nomadisme.
BaikalNature ne pouvait que s’intéresser à ces contrées encore sauvages situées à quelques centaines de kilomètres à peine au sud du lac Baïkal.
C’est pourquoi nous avons concocté spécialement pour vous deux circuits qui vous feront découvrir deux magnifiques régions encore peu connues des occidentaux : la Sibérie et la Mongolie. Lire plus »
Printemps, vous dites ?
21 mai 2010 par Claire Descoqs / Actualités
Il y a une semaine à peine, Sylvain vous faisait part des signes annonciateurs de l’arrivée du printemps à Irkoutsk.
Il y a deux jours, nous étions en T-shirt dehors, admirant l’Angara au soleil couchant. Lire plus »
L’arrivée du printemps
16 mai 2010 par Sylvain Goutorbe / Actualités
Il y a, semble t’il, des hirondelles en Sibérie mais je n’en ai pas encore aperçu.
En revanche, il y a des signes avant-coureurs de l’arrivée du printemps à Irkoutsk même si le soleil n’est pas toujours au rendez-vous :
- pour commencer, la glace a complétement fondu et c’est un évènement en soi,
- les vendeuses de Kvas investissent de nouveau les rues. Le kvas est une boisson obtenue par la fermentation du pain dans de l’eau, elle est très faiblement alcoolisée. Il est contenu dans dans des citernes et servi très frais soit au verre, soit au litre en bouteille que l’on apporte ou que l’on fait remplir,
- toutes les fontaines d’Irkoutsk sont de nouveau en fonction et c’est vraiment un plaisir que de les retrouver. Généralement elles sont le lieu de réunion des irkoutskiens et donc pleines de vie et de fraîcheur,
- enfin, les premiers bourgeons éclosent, les premières feuilles font leur apparition et l’herbe reverdit très rapidement.
Tout ceci peut paraître insignifiant mais quand l’hiver a été très long et froid chaque petit signe de l’arrivée du printemps est un moyen simple de se réjouir.
Et pour ceux qui ne peuvent attendre l’apparition des premières fleurs, des stands sont installés en divers endroits de la ville.
Lada Vs Toyota
16 mai 2010 par Sylvain Goutorbe / Actualités
Si vous séjournez à Irkoutsk et ne sortez pas de la ville, il peut paraître difficile de vous représenter que vous êtes en Asie : pas de steppe ni de taïga et de toundra, pas de datsan ni de pagode… Seuls les bouriates, de par leur présence et leur physionomie, nous rappellent que nous sommes guère loin de la Mongolie.
Autre chose pourtant replace Irkoutsk sur la carte du monde et cet autre chose se trouve sur la route : quand vous observez d’un peu plus près la circulation vous vous rendez compte qu’il y a quelque chose d’étrange, qui choque : où sont passés les conducteurs ? Les voitures vont et viennent mais les conducteurs ne sont pas à leur place. Sont-elles des voitures fantômes ? En fait, non, conducteur il y a mais assis à droite, non pas côté passager, il a le volant entre les mains car oui, le volant est à droite mais on continue à conduire à droite…
Je m’explique : en Russie comme en France on conduit à droite et le volant est à gauche, normal jusqu’à présent. Tout le monde connait la célèbre marque Lada, peut être un peu moins Gaz (compagnie qui produit la Volga, modèle plus luxueux), ces voitures ne sont plus trop du goût des russes qui aspirent à d’autres standards.
A Vladivostok des milliers de voitures et camions d’occasion (parfois neufs) sont exportés du Japon (où l’on conduit à gauche) par bateaux chaque année et des centaines d’entre-elles arrivent donc à Irktoutsk ainsi que dans d’autres villes de Russie mais nulle part encore ailleurs cette importance m’avait frappé. C’est la quasi majorité du parc qui est maintenant Japonais avec ce volant à droite mais le sens de circulation, lui, n’a pas changé…
J’ai entendu dire que le gouvernement russe voudrait promulguer une loi pour interdire ces importations mais rien n’est encore fait et de toute façon elle ne serait pas du tout populaire.
Hormis les taxis, les transports publics ont interdiction d’avoir le volant à droite et les marchroutki (taxis collectifs), les bus et trolleybus, eux, viennent pour la plupart de Corée (où l’on conduit à droite, enfin !). Ce qui peut porter à sourire est que généralement personne n’a pris la peine de retirer les inscriptions en coréens affichées sur et dans les bus, que l’on a juste mis les informations nécessaires en russe comme si tout avait été fait dans l’urgence ou alors que ça n’avait pas d’importance comme le fait d’être assis face à une publicité pour vantant les mérites d’une pizzéria à Séoul ou autre part en Corée.
J’aime ce côté décalé de la circulation d’Irkoutsk.
Soubbotnik (Субботник)
29 avril 2010 par Sylvain Goutorbe / Actualités
La semaine dernière, j’ai été intrigué par cette affiche qui disait :
“J’aime cette ville et toi ? Le 24 avril à 10h00 dans les rues de la ville. Le marathon : la propreté de la ville commence par toi”. Lire plus »








































