Le royaume de glace - mars 2011
17 mai 2011 par Nos Voyageurs / Carnets de Route
Le but de notre groupe de 6 amis était de découvrir la Sibérie en hiver et en particulier le lac Baikal. L’essentiel de ce voyage (d’Irkoutsk à Irkoutsk) a été organisé de main de maître par BaikalNature dans un esprit de contact avec la nature et ses habitants et dans une ambiance authentique et néanmoins détendue que nous avons beaucoup appréciée.
IRKOUTSK
Vue d’avion la ville est immense (600 000 h.) et l’Angara qui la traverse n’est pas gelée.
Notre accompagnateur, Sylvain, nous accueille à l’aéroport. Il est français, mais vit à Irkoutsk. Nous découvrons brièvement le centre ville à pied.
Nous logeons chez Galina dans sa maison de bois qui ne date pas d’hier et s’est peu à peu enfoncée dans le sol : de nos chambres au rez de chaussée on voit les chaussures des passants.
Quant aux crêpes de Galina et à ses confitures… inoubliables
D’IRKOUTSK AU LAC BAIKAL (environ 250km)
Notre minibus nous fait traverser la steppe peu enneigée où pâturent en liberté vaches et chevaux, puis l’enclave bouriate d’Oust-Ordinski où nous rencontrons le chaman. Le paysage devient plus montagneux et nous rappelle un peu nos Vosges.
Nous quittons notre minibus pour un OUAZ (tout-terrain) bien nécessaire car l’approche jusqu’au Baikal se fait par une piste enneigée (40 à 50 mn pour environ 15 km de trajet) où nous sommes d’ailleurs amenés à aider le seul véhicule rencontré.
C’est enfin l’immensité glacée que nous avons sous les yeux, et bientôt sous les roues et sous les pieds pour un premier contact.
L’ILE D’OLKHONE (la plus grande sur le lac - 72 km sur 15)
C’est avec un nouvel OUAZ et un nouveau chauffeur, Akim, que nous rejoignons l’île par la seule route balisée sur la glace du lac.
Nous traverserons presque toute l’île dans sa longueur à nouveau sur une piste, avec ou sans neige. Arrêt au rocher Bourkhan et premier pique-nique sur le lac.
Nous sommes attendus à Ouzouri au bord du lac où habite Youri, le père d’Akim avec sa famille.
Sa femme s’occupe de la station météo et de l’accueil des gens de passage. Une yourte et une maison de bois très neuve nous sont proposées.
Nous apprécions la chaleur des poêles russes que nos hôtes viennent rallumer vers 4h du matin pour la maintenir. Tant que nous serons sur le lac, Youri et Akim seront nos 2 chauffeurs-guides-cuisiniers et sauront nous faire partager leur habitude de ces lieux fantastiques et nous y faire vivre dans les meilleures conditions. Pouvoir se déplacer en véhicule sur le lac gelé facilite bien la vie des riverains pendant la période hivernale mais nécessite également une bonne expérience car les surfaces sont souvent différentes : petite couche de neige sur la glace, glace « vierge » et lisse au travers de laquelle on peut voir le fond aux endroits peu profonds, neige et méli-mélo de morceaux de glace plus ou moins énormes…
Nos premiers pas sont incertains et nos yeux plutôt rivés au sol car ça glisse, bien sûr. Les crampons (dont les autochtones ne se servent jamais !) vont nous aider et après une assez courte période d’apprentissage nous nous sentons plus à l’aise, pouvons profiter du paysage qui nous entoure et ne plus forcément mettre des crampons.
Youri nous fait découvrir les rives rocheuses avec leurs grottes de glace et l’immensité du paysage qui nous entoure et dans lequel nous sommes seuls.
ARCHIPEL OUCHKANI
Nous quittons l’île pour rejoindre, plus au nord, le cap Pokoïniki sur la rive Ouest. Nos deux OUAZ choisissent leur chemin en fonction de l’aspect de la surface et des éventuels imprévus : des failles ( généralement peu larges mais pouvant être dangereuses) peuvent apparaitre.
Après une nuit à la station météo du cap nous allons rejoindre la seule île habitée de l’archipel, en bonne partie à pied, suivis ou précédés de nos fidèles OUAZ avec nos non moins fidèles cuisiniers.
La glace est belle, c’est un vrai plaisir qui se termine en apothéose aux approches de l’île où s’est formée une énorme accumulation de toros magnifiques (amoncellements de morceaux de glace provoqués par les heurts entre les plaques dûs aux changements de température), blancs et bleutés sous le soleil.
Une ou deux familles vivent sur cette île et gèrent la station météo et et la réserve naturelle ainsi que l’accueil de visiteurs de passage dans deux assez grandes isbas .
Dans tous ces hébergements, il n’y a pas d’eau courante, mais celle du lac n’est pas loin ! Elle sert pour la cuisine, la boisson et bien sur pour les « banias » quotidiens. Il n’y a pas toujours d’électricité, sinon celle fournie en soirée par un groupe électrogène et les lampes frontales nous ont bien servi. Les toilettes sèches sont dans une cabane en bois assez distante des « maisons ». Ce mode de vie nous avait été proposé, nous l’avions choisi et ne l’avons jamais regretté.
La deuxième journée sur l’archipel permet à nos chauffeurs de se reposer un peu et à nous d’aller à pied apercevoir les 3 autres îles qui font partie de l’archipel. Ce sera pour nous l’occasion de ressentir le froid sur les toutes petites parties non protégées du visage lorsque le vent se lève. Nous avions été très gâtés jusque là avec un soleil très présent.
L’archipel est connu pour être l’endroit où les « nerpas » (phoques d’eau douce que l’on ne trouve qu’au Baïkal) sont particulièrement nombreux. Nous avons l’incroyable chance d’être au contact direct avec un bébé nerpa que les habitants de l’île ont récupéré sur la glace, lui évitant d’être la proie des corbeaux. Il fera le voyage avec nous dans l’OUAZ de Youri jusqu’à la rive Est où des personnes compétentes pourront s’occuper de lui (aux dernières nouvelles, il se porte bien !).
BAIKAL RIVE EST
Youri et Akim nous conduisent le long de la Presqu’île Sviatoï Nos jusqu’au port d’Oust-Bargouzine à l’embouchure de la rivière du même nom où nous devons les quitter à regret bien sûr.
C’est curieux, et pas vraiment séduisant, de se retrouver dans la « civilisation ». De là par la route (260km environ) en suivant assez longtemps le Baïkal puis, à travers steppes, taïga et cols enneigés, nous rejoignons Oulan-Oudé (350 000 h.), capitale de la Bouriatie.
C’est sur une place centrale de cette ville que se trouve la plus grande sculpture au monde de la tête de Lénine.
Aux environs, nous visitons le datsan d’Ivolguinsk, le plus important monastère bouddhiste de Russie,
et découvrons quelques villages de vieux croyants dont une famille nous accueille chaleureusement et nous fait découvrir leurs traditions.
RETOUR A MOSCOU VIA IRKOUTSK
A Oulan-Oudé nous prenons le transsibérien « Rossia » jusqu’à Irkoutsk (450km) : 8 heures de trajet que nous avons choisi de jour car une partie importante de la voie ferrée longe « notre » lac .
Il commence déjà à se libérer de la glace car nous sommes beaucoup plus au sud. Nous le quittons à regret.
Puis, c’est l’avion d’Irkoutsk à Moscou où nous avons choisi de rester 2 jours en autonomie et en avons profité pour voir ce que nous connaissons mal, par exemple la maison-musée de Tolstoi, le monastère Andronikov (musée Roublev) et le quartier très moderne encore en partie en chantier de Moskva-City dont nous avons apprécié l’ architecture très réussie qui s’intègre parfaitement aux quartiers traditionnels tout proches.
CONCLUSION
Ce séjour que nous avons pu, grâce à nos organisateurs, adapter à nos souhaits, est et restera pour nous tous exceptionnel et inoubliable. C’était un rêve. La réalité a dépassé nos attentes et nous a comblés.
Texte et photos : Anne-Marie, Nadine, Eric, Françoise, Alec, Michèle.































Super ce blog!
Il donne une bonne idée de ce voyage, qui est magnifique.
Il est mignon le “nerpa”C’est une sorte d’ours?
bravo à tous, ça donne envie d’y aller
Daniel