Trekking sur l’île d’Olkhone
15 juillet 2010 par Claire Descoqs / Carnets de Route
Samedi 12 juin, à 10h, Lena, guide-interprète aguerrie que j’avais pour mission de seconder et moi, casquette “BaikalNature” vissée sur la tête, munie de mon plus beau sourire, nous frappions aux portes de la maison d’hôtes de Nina où nous attendaient 5 voyageurs fraîchement débarqués d’Europe : Marie-Ange, Marie-Laure, Lucie et Jean.

Léna et nos 5 trekkeurs pendant la traversée du lac
Quelques dizaines de minutes plus tard, la voiture chargée, nous quittions Irkoutsk en direction de l’île d’Olkhone pour 5 jours de treks.
Première halte, Oust-Orda, ville-capitale d’une ancienne région autonome Bouriate rattachée depuis 2006 à l’Oblast (région) d’Irkoutsk. Sur place nous visitons le musée d’histoire bouriate afin de nous familiariser avec cette culture très particuliére où chamanisme, bouddhisme et nomadisme ‘entremêlent.
Les Bouriates font partie du même groupe ethnique que les Mongols, leurs voisins du Sud.
Comme vous le savez sans doute déjà, l’île d’Olkhon est l’un des neufs grands lieux sacrés du chamanisme en Asie Centrale. C’est pourquoi avant de nous rendre sur l’île nous avons assister à un rituel de purification afin que notre voyage se déroule sous de bons hospices.
En chemin nous nous sommes également arrêtés à l’entrée du territoire d’Olkhone afin d’accomplir un autre rituel pour apaiser les mauvais esprits et contenter les bons. Nous avons dans un premier temps suspendus chacun un ruban aux branches d’un arbre puis nous avons jeté chacun quatre gouttes de vodka aux quatres points cardinaux.
Arrivés à MRS après 4 heures de route dont une heure sur piste caillouteuse, trois choses m’ont particulièrement marquées : le bleu intense du lac, la fraîcheur soudaine due à la proximité de cette immense masse d’eau récemment libérée des glaces et la tranquillité des lieux.
Nous avons passé notre première nuit dans un camp de yourte au bord du lac, répondant au charmant nom de “Mélodia Olkhona”.
Le lendemain, notre trekking a débuté par la visite du rocher du chaman, le cap Bourkhane. On raconte que c’est autour de ce rocher que les esprits du lac ont élus domicile. C’est donc tout naturellement là que se réunissent les chamanes depuis des siècles afin d’y effectuer leurs rituels.
L’accés au rocher est interdit aux femmes (sauf les chamanes) et aux enfants car selon la tradition chamaniste, la forte énergie contenue à cet emplacement serait néfaste pour leur santé.
Nous avons continué notre chemin à travers les steppes surplombant les falaises du sud de l’île. Olkhone est une île relativement grande (730 km², 70 km de long sur 15km de large), qui offre une variété de paysage impressionnante : steppes, forêts, baies de sables, dunes, falaises, montagnes, de quoi séduire les visiteurs les plus exigeants !
Notre première journée de marche s’est achevée dans la baie de Pectchanoïé par un magnifique coucher de soleil.
Après une nuit un peu fraîche (quand le soleil disparaît, on sent que l’hiver n’est pas si lointain), nous sommes partis en direction du Cap Khoboï.
Toute la journée, nous avons cheminé entre dunes, forêts et steppes. Malheureusement le temps s’est peu à peu couvert et c’est sous la pluie et le vent que nous sommes arrivés au cap, que nous n’avons pas pu atteindre en raison des conditions météo peu propices.
Modifiant quelque peu notre programme initial, nous nous sommes réfugiés chez l’habitant, remis d’aplomb par un bon repas chaud et une séance de bania plus que bienvenue.
Le lendemain, c’est à partir de la station météorologique d’Ouzouri que nous avons entrepris d’accéder au cap Khoboï. Empruntant des sentiers de montagne escarpés, traversant forêts et steppes, longeant de près la crête des falaises, nous sommes parvenus au sommet de cet éperon rocheux, offrant une vue à couper le souffle sur le lac.
Notre retour à Ouzouri s’est fait en mini-van russe au son de “Alors on danse” de Stromae que nous avons essayer de décrypter et traduire pour nos deux accompagnateurs russes. Vu la rapidité de diction du chanteur et l’enchevêtrement des paroles, nous avons été occupé jusqu’à notre arrivée à Ouzouri !!!
Le jour suivant était consacré à notre transfert jusqu’à Oust Bargouzine. La brise est fraîche sur le lac et certain d’entre nous se sont retrouvés emmitouflés…dans leurs sacs de couchages !
Moi qui suis habituée à la navigation maritime, j’ai étais surprise par le calme du lac : pas un souffle de vent, aucun remous, l’impression étrange de glisser sur un miroir.
Au passage nous avons pu apercevoir quelques nerpas pirouettant dans l’eau, jouant à cache-cache avec nous, ou plutôt avec nos jumelles.
Arrivée au village, nous avons partagé un dernier repas en commun avant que nos routes se séparent. Alors que le reste du groupe se dirigeait vers la vallée de Bargouzine pour un autre trek, je rentrais cahin-caha vers Irkoutsk, à bord d’une marchroutka, une aventure…d’un tout autre genre !



















Merci pour ces superbes photos !