Les marchroutki, mystère pour une partie de l’humanité
29 mai 2010 par Sylvain Goutorbe / Actualités
Les marchroutki (à ne pas confondre avec la matriochki, les poupées russes) sont un mystère pour une partie de l’humanité mais pas pour les habitants de la Russie et ceux des anciennes républiques de l’ex-URSS, elles sont leur quotidien.
Les marchroutki (marchroutka au singulier, petit cours de grammaire russe en passant) sont des taxis collectifs qui sillonnent les villes et les campagnes en tous sens, depuis tôt le matin et jusqu’à parfois tard le soir, pour un prix légèrement supérieur aux bus, en revanche, elles sont plus rapides.
Elles portent un numéro ou, quand elles vont de ville à ville, le nom des différentes destinations, suivent un parcours fixe, les principaux arrêts sont marqués sur la portière.
Les marchroutki sont très appréciées et très attendues de la population. Pour certaines d’entre-elles, des files d’attentes, bien structurées, existent, pour le reste c’est un peu la loi du plus fort et ce n’est donc pas forcément le premier arrivé qui est le premier servi.
Elles peuvent contenir un peu plus d’une dizaine de passagers mais parfois bien plus, car, si le chauffeur décide de ne pas laisser des personnes sur le bord d’une route peu fréquentée alors on se serre par solidarité, d’autre fois la gente féminine s’assoit sur les genoux de la gente masculine (ou inversement), il y a des places à l’avant… La plupart du temps, il n’y a que quelques places de disponible alors c’est à celui qui arrive à rentrer le premier dans la marchroutka, tant pis si vous étiez arrivés avant : “you lose, try again”.
Oui, les marchroutki me font penser à un jeu vidéo, à tétris en particulier : vous avez une place de départ qui ne sera pas forcément pas la même à l’arrivée, vous aurez certainement entre temps laissé sortir vos voisins, vous vous serez décalés pour que d’autres s’assoient, vous rechangerez de place à l’arrêt d’après en prévision du vôtre en venir… C’est aussi, en quelque sorte, un vrai jeu des chaises musicales sauf que vous ne perdez pas votre place, heureusement pour ceux qui ont eu du mal à l’avoir…
Dans certaines villes vous payez dès votre montée à bord, à Irkoutsk, vous payer à votre sortie. Si vous ne savez pas quel système de paiement est en cours dans cette marchroutka, attendez, ne payez pas, regardez faire, de toute façon faites confiance au chauffeur, il sera bien vous faire comprendre que vous êtes un passager clandestin et qu’il vous faut régulariser votre situation. Pour celles qui ont adopté le post-paiement, pas de souci, pour les autres, si vous êtes au fond de la marchroutka, donnez votre argent à un passager situé dans la rangée juste devant vous, il passera ainsi de main en main jusqu’au chauffeur et la monnaie, s’il y a, reviendra de même. Le prix est généralement affiché. A Irkoutsk, actuellement, le trajet est de 12 roubles.
Vous aurez à demander votre arrêt. Il faut le faire sitôt passé celui qui précède le vôtre en disant fortement par exemple “Na slédouïouchi astanovke, pajalousta” (au prochain arrêt, s’il vous plait) ou bien encore “na + le nom de l’arrêt, pojalousta”, sinon espérez que quelqu’un le fasse à votre place ce qui peut vous emmener très loin… Le plus simple est de directement demander au chauffeur, en montant, de s’arrêter où vous le souhaitez : pojalousta, astanovitié na + nom de l’arrêt.
Comme vous l’avez compris, les marchroutki ne s’arrêtent pas à chaque arrêt, à l’inverse des autres transports en commun, alors si vous ne voulez pas qu’elles vous passent sous le nez, comme ça m’est déjà arrivé, faites leur signe, elles stopperont si elles ne sont pas déjà complètes.
Si vous voulez tentez l’aventure, la vraie, partager le quotidien de millions de personnes et enfin percer le mystère qui entoure les marchroutki, empruntez les, au hasard, vous verrez bien où vous arriverez. Vous pourrez toujours revenir par le même trajet, à moins que vous ne soyez montés dans la dernière marchroutka de la journée, alors comme disent les Russes, pajiviom ouvidim (qui vivra verra)…









Ouais c’est pas mal les marchroutki……quand tu veux plus vit te déplacer dans ville mais aussi quand tu sors tard le soir, et il n’y a plus de bus, mais aussi quand tu as besoin d’aller quelque part ou il n’y pas de bus.