Week-end à Oulan-Oudé
7 mai 2010 par Claire Descoqs / Carnets de Route
L’avantage d’Irkoutsk c’est qu’en une nuit de train on peut se retrouver à des centaines de kilomètres plus loin, à Oulan-Oudé par exemple.
L’avantage des jours fériés russes, c’est que lorsqu’il tombe un jour de week-end, ils sont obligatoirement rattrapé un jour travaillé.
L’avantage d’être stagiaire chez BaikalNature au mois de mai c’est qu’on peut s’organiser des week-ends à rallonge et explorer la région !
C’est donc en direction de la capitale de la Bouriatie que Sylvain et moi avons pris le train vendredi dernier. En vrai backpackers nous avions pris des billets en Platzkart, couchettes en wagon ouvert.
J’étais vraiment curieuse de découvrir l’intérieur des mythiques trains russes. Ils sont à la fois confortables (matelas, draps et couvertures fournis) et conviviaux ( chacun arrive munis de provisions, s’installe confortablement, lie conversation, …)
Après une nuit bercée par le rythme du train, nous avons enfin posé le pied en terre bouriate le 1er mai au matin.
Nous avons commencé par parcourir le petit centre-ville pour admirer la tête de Lénine la plus grosse du monde, fierté de la ville. Les traits du chef de file du communisme soviétique sont graves et sévères et ses yeux dénués de relief lui donne un air d’aveugle. Personnellement, je la trouve vraiment antipathique.
Nous sommes ensuite passé sous la réplique de l’Arc de Triomphe construit pour célébrer l’arrivée du futur Tsar Nicolas II en juin 1891.
Admirant au passage quelques jolies maisons en bois finement ouvragées :
Nous avons ensuite descendue la rue Lénine, partiellement piétonne pour atteindre l’étincelante cathédrale orthodoxe de Odiguitria.
Notre tour de ville s’est achevé sur les rives de la Selenga, d’où nous avons pu admirer un magnifique panorama sur la ville et les montagnes environnantes.
Le lendemain, nous sommes partis en excursion jusqu’au datsane d’Ivolguinsk, le centre du bouddhisme en Russie, construit au milieu de nulle part entre steppes et taïga.
Le temple est vraiment magnifique. Nous y sommes arrivés vers 8h30 et avons pu assister à l’appel à la prière, effectuer par le petit moine ci-dessous, soufflant dans une espèce de gros coquillage blanc.
Le monastère surprend autant par la vivacité de ses couleurs qui habillent la monotonie du paysage alentour que par la richesse de ses intérieurs.
C’est dans ce monastère que se trouve le corps retrouvé intact du XII° Khambo Lama. D’après certains scientifiques, il serait toujours en vie, il respirerait encore et ses cheveux continuerait de pousser à une vitesse extrêmement lente.
Il est en tous les cas considéré comme un saint homme et de nombreux croyants viennent en pèlerinage honorer sa dépouille.
Notre dernière journée, a été consacrée à la visite du village de Tarbagataï, situé à une heure d’Oulan-Oudé environ.
Ce petit village fut construit en 1765 par les “Vieux-Croyants”, des exilés religieux qui refusèrent les nouveaux canons de l’Eglis Orthodoxe de Russie et furent envoyer par Catherine II en Sibérie, muni d’un soc de fer et c’est tout.
8000 d’entre eux s’installèrent dans la région hostile de Tarbagataï que même les ethnies locales avaient délaissée. A force de travail acharné, ils en firent une terre prospère et s’enrichir jusqu’à l’arrivée des soviétiques au pouvoir.
Aujourd’hui, le village de Tarbagataï abrite une ravissante petite église très “petite maison dans la prairie”, un musée et quelques magnifiques maisons de bois richement décorées.
Ce petit week-end avait un air de vacances printanières bien agréable !















