Le lac Baïkal en péril
26 mars 2010 par Ludmila Abramova / Actualités, Ecologie
Le 20 mars à Irkoutsk a eu lieu la deuxième manifestation contre la réouverture de l’usine de cellulose de Baïkalsk organisée sous le slogan : « En sauvant le Baïkal – sauvons la Russie ! ».
Dès que le premier orateur a commencé son discours rappelant à l’abrogation de l’arrêté du gouvernement permettant le fonctionnement de l’usine de cellulose, devant la tribune sont apparus trois provocateurs se faisant passer pour les employés de l’usine. En criant que Poutine leur a donné du travail et que la fermeture de l’usine provoquera la famine dans la ville de Baïkalsk, ils ont cassé des affiches mentionnant les noms de Déripaska et de Poutine et ont essayé d’engager la bagarre. Heureusement leurs tentatives étaient vaines parce que la milice les a vite arrêtés. Les perturbateurs faisaient partie de la sécurité de la compagnie « Basovy élement » appartenant à l’oligarque Oleg Déripaska. Lors de l’audience, tous les trois accusaient les manifestants d’extrémisme et de tentative de renverser le régime constitutionnel. Leurs accusations n’ont pas été pourtant prises en considération par le juge qui a condamné les provocateurs à une amende.
Rappelons qu’avant le mois de mars, les actions de l’usine étaient reparties entre les organismes suivants : 49% appartenait au gouvernement représenté par « Rossimouchestvo » et 51% à « Basovy élement ». Les nombreux débats autour du sujet de la réouverture de l’usine ont remmené à la baisse de la cote de popularité de Déripaska et celui-ci a passé ses 25% à « Continental – Invest ». Les autres 25% sont envisagés à transmettre à la municipalité de Baïkalsk. Il est alors impossible de comprendre la raison de l’activité provocatrice de des employés de Déripaska à la manifestation.
Le sujet du redémarrage de l’usine vivement discuté dans la région d’Irkoutsk est devenu une des raisons principales de la défaite du candidat de la partie dirigée par Vladimir Poutine « Yédinaïa Rossia » (la Russie Unie) aux élections du maire d’Irkoutsk. Le 14 mars le candidat de la partie communiste Victor Kondrachov s’opposant à la réouverture de l’usine de cellulose, a remporté la victoire.
L’argument principal pour la réouverture de l’usine depuis 1966 polluant le Baïkal (la zone de contamination par les rejets de l’usine dans le lac atteint 130 km², chaque année environ 5 mille tonnes d’émissions nocives sont rejetées dans l’atmosphère intoxiquant le territoire de 400 km² autour de Baïkalsk, des millions de tonnes de déchets solides dangereux sont stockés au bord du Baïkal) est devenu la préservation des emplois dans la ville mono-industrielle de Baïkalsk.
Auparavant, l’usine de cellulose définissait en réalité la situation de l’emploi en ville : parmi 14 mille habitants 2200 travaillaient à l’usine. Mais aujourd’hui la situation a radicalement changé. Pour faire fonctionner l’entreprise, on a de nouveau recruté 1450 personnes, bien que la bourse de travail enregistre seulement 700 chômeurs dont le nombre diminuait visiblement la dernière année pendant que l’usine ne fonctionnait pas.
Après l’arrêt de l’entreprise en novembre 2008 a commencé à développer rapidement le secteur des services : hôtels, restaurants, saunas, stations touristiques et station de ski « Gora Sobolinnaïa » qui ont créé des centaines d’emplois. Baïkalsk est un lieu potentiellement propice au tourisme. Elle est connectée avec Irkoutsk par une bonne route (2 – 3 heures de trajet) et le chemin de fer Transsibérien. Le climat en ville est relativement doux en hiver et il y a beaucoup de neige dans la montagne.
Toutefois, le lancement de l’usine détruit tous les projets touristiques à Baïkalsk. En faisant du ski à Baïkalsk il y a quelques années, Poutine lui-même s’est plaint de la puanteur insupportable émanant des tuyaux de l’usine de cellulose. Lorsque l’usine fonctionne, toute la ville est enveloppée d’un smog fétide qui ne fait pas penser au tourisme. Les cas de cancer augmentent et la durée de vie diminue.
Mais ce n’est pas tout.
La mise en marche de l’usine porte un coup fatal à un certain nombre de projets d’investissement d’envergure conçus sur la base de la pureté exceptionnelle de l’eau du Baïkal, du lac contenant un quart de l’eau potable de la Planète. Par exemple, à 40 km de Baïkalsk dans le village de Koultouk il est déjà construit une grande usine de l’embouteillage de l’eau potable. La capacité de l’usine est de million de litres d’eau par jour. 100% d’investissement sont étrangers. Le coût du projet est de dizaines de milliers de dollars. Le nombre d’emplois à l’usine atteint 200. En tout il y a 5 projets de l’embouteillage et de la vente de l’eau du Baïkal du coût total de 120 millions de dollars et permettant de créer plus de 500 emplois. Une usine similaire est envisagée à Baïkalsk. Mais on doute que les consommateurs fassent confiance à l’eau du Baïkal en présence de l’usine à ses berges. Combien d’investissements de projets modernes (contrairement à l’usine de Baïkalsk) peuvent être perdus ?
Le lancement de l’usine n’a non plus de sens du point de vue économique, l’entreprise n’est pas rentable, son équipement est usé, ses technologies ont vieillies. En 2008 l’usine a subi des pertes de 800 millions de roubles. Est-ce pour ça que les structures contrôlées par Oleg Déripaska (Continental Managment) passent rapidement le contrôle de l’usine à l’état ? Il en résulte que maintenant ce sont les contribuables de la Russie qui devront couvrir les pertes faites par le pollueur du Baïkal.
Poutine va contre des engagements internationaux de la Russie en compromettant la confiance en capacité de notre pays de suivre le droit international. Depuis 1996 le lac Baïkal est inclus dans la liste des sites du patrimoine mondial par l’UNESCO. Maintenant il peut se trouver parmi les sites du patrimoine mondial en péril.
Si vous n’êtes pas indifférents au destin du lac Baïkal, mettez votre nom sous la lettre au directeur général de l’UNESCO rappelant à ne pas admettre la pollution du Baïkal par les déchets de l’usine de cellulose :
Le 27 et le 28 mars les manifestations contre le redémarrage de l’usine auront lieu à Oulan-Oudé, Petrozavodsk, Moscou et Saint-Pétersbourg.









Cet article trés détaiilé et documenté apprend beaucoup à quelqu’un qui n’a lu que la presse occidentale et les communiqués de Ria Novosti.
L’argument écologique est évidemment trés important surtout concernant le Baïkal.
Mais l’argument économique va aussi dans le sens d’un arrêt de l’usine puisqu’elle perdait de l’argent avant l’arrêt en 2008.
Il ne reste plus que l’argtument de l’emploi trés important surtout pour les 1450 salariés qui retrouverons du travail.
Il faut certainement étudier, économiquement parlant, la reconversion de Baîkalsk vers le tourisme, en investissant dans la formation et le marketing,
ce qui créera des implois peut-être en nombre plus important.
Ceci nécerssite une vision à moyen terme
Est-ce optimiste? J’espère que non.
Je ne permettrais évidemment pas de me prononcer sur les aspects politiques et capitalistiques.
Georges Savitzky
En 2001 :Après plusieurs années d’efforts, Il a été réalisé la
- Constitution, de six équipes de haut niveau scientifique à Irkoutsk et en Bouriatie et, d’une abondante documentation technique sur le lac Baïkal.
- Signatures de conventions de partenariat avec l’Université de Bordeaux III – Michel de Montaigne, l’Ecole Centrale, le Pôle Universitaire Européen de Nancy-Metz, le C.N.R.S. Italien, l’Ecole Polytechnique de Lausanne, l’Académie Royale de Belgique, l’Université d’Etat de Silesia Sosnowiec Pologne.
- Création dans le cadre des programmes UNITWIN/UNESCO, de la première
« Chaire Universitaire de l’EAU douce du BAÏKAL dite BACH ».
Qu’est-elle devenue ????