Périple en Sibérie - Le Baïkal

Par Daniel MORISSON

Séjour du vendredi 23 mars au vendredi 6 avril 2007.

Périple en Sibérie / Lac Baikal

Comment ce projet a t-il germé ?

Tout commence à l’automne 2004, j’ai eu envie de découvrir des grands espaces dans des pays peu fréquentés par les touristes. Un article dans le journal Ouest-France sur le Baïkal en Sibérie et l’adresse mél d’un guide russe francophone ont été les éléments déclencheurs.

J’ai réussi à convaincre Michelle de participer à ce qui est pour nous deux une véritable aventure.

C’est décidé nous partons pour le printemps, du 23 mai au 6 juin 2005.

De ce séjour inoubliable, dépaysement, paysages superbes (steppe et taïga en fleurs) et guide super sympa, « Pavel Ageychenko » jeune russe âgé de 25 ans ont fait que je suis tombé sous le charme du Baïkal.

Je ne rêve que d’y retourner mais cette fois-ci en hiver.

L’opportunité :

En octobre 2006, Pavel vient en France à l’université de Nantes pour parfaire l’usage de la langue qu’il maîtrise déjà fort bien.

Nous l’hébergeons pendant quelques semaines le temps qu’il trouve un petit appartement dans le centre ville.

Il passe souvent ses WE chez nous (il apprécie les plats de Michelle) et c’est comme cela, dans le cadre de nos discussions que Pavel m’a proposé de faire une randonnée sur le Baïkal en hiver, début 2007, après la fin de ses cours à l’université.

Une telle proposition est pour moi une réelle aubaine et ni une ni deux, nous établissons notre programme.

Le vendredi 23 mars, nous nous rejoignons Pavel et moi à l’aéroport de Moscou, puis nous prenons l’avion pour Irkoutsk. Négociation avec un chauffeur de taxi pour un transport à l’aéroport lignes intérieures SVO 1. De 40€, nous tombons d’accord pour une course à 30€ .

La vie est très chère à Moscou, les touristes sont souvent arnaqués.

Samedi 24 mars, arrivée a 6h00. Sergueï un ami de Pavel et sa compagne Toma nous accueillent et nous transportent dans le centre d’Irkoutsk ou habitent les parents de Pavel.

Il est 13h lorsque nous entrons dans l’appartement. Nadia la mère de Pavel nous attend avec un grand sourire et après les présentations nous invitent à déjeuner. La table est bien garnie, nous faisons honneur aux plats mais nous ne parviendrons pas à tout ingurgiter (cela aurait été difficile au regard de la profusion de plats).

Pas le temps de se reposer, Pacha (diminutif de Pavel) Sergueï, et moi, allons en ville faire des courses pour notre Périple.

Dans les magasins, grande discussion entre Pacha et Sergueï, celui-ci veut venir avec nous ce qui n’était pas prévu au départ. Pacha doute des capacités physiques de Sergueï pour cette traversée du Baïkal. Car nous devons porter dans nos sacs à dos tout ce qui est nécessaire, tente, duvet, victuailles, habits de rechange ….soit environ 20Kg par personne et parcourir environ 20 à 30 Km par jour sur la glace.

Pacha fini par céder, nous serons donc un trio pour cette randonnée.

Retour chez Nadia pour Pacha et moi pour un dîner très copieux » bien sûr » et nous bavardons en français car Nadia a été professeur de Français.

Langue qu’elle ne pratique plus et au début elle cherche ses mots et a de la peine à construire des phrases .Mais petit à petit elle retrouve les mécanismes et s’exprime avec plus de facilité. Je pense même qu’elle prend du plaisir à me tenir la conversation.

Nadia entreprend de m’enseigner quelques mots de russe. Cela a été une vraie crise de rire car ma prononciation n’est pas correcte, l’écriture n’en parlons pas. (non seulement je le pense, mais je suis un très mauvais élève). Enfin, apprendre par cœur quelques phrases, cela peut toujours servir.

Dimanche 25 mars :

Lever à 7h (heure d’été). Il neige sur Irkoutsk. Nous avons RDV avec Sergueï à la gare routière pour prendre un mini bus(japonais), direction l’île d’Olkhon.16 personnes dans le mini bus prévu pour 11, une seule crevaison c’est peu compte tenu de l’état des pneus, de la surcharge du véhicule et de l’état des routes. Malgré un chauffeur quelque peu kamikaze, je profite pleinement du paysage vêtu de son manteau d’hiver.

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Arrivée sur les berges du Baïkal, nous changeons de minibus, celui-ci roule sur la glace et nous amène à Khoujir village de pêcheurs sur l’île d’Olkhon. Lors de la traversée, nous en rencontrons au bord de leur trou pour pêcher des omouls. Poisson emblématique du Baïkal.

Arrivée à 15h à l’auberge de Nikita propriétaire d’un centre de séjour composé de plusieurs petits chalets de bois.

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Installation dans les chambres, rapide collation et nous allons découvrir la glace. Les premiers pas sur le Baïkal sont hésitants, ça glisse et je marche prudemment. Je fais mon apprentissage avant la grande aventure.

Nous faisons le tour du rocher de Bourkhane, lieu sacré des bouriates. Le site est superbe, la glace est magnifique, les enchevêtrements sont impressionnants. Ce n’est pas le grand ciel bleu, mais l’horizon est bien dégagé.

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Séance de photos et de prise de vue puis nous retournons à l’auberge. Vers 19h30, dîner, nous mangeons de bon appétit. Vers 21h30 c’est le bania (sauna russe). Pour moi, 20 minutes me suffisent mais qu’est-ce qu’on se sent bien ensuite.

Après la séance détente et l’estomac rempli, tout le monde au dodo. Il est 22h30 lorsque nous regagnons nos chambres.

Lundi 26 mars :

8h réveil, 9h petit déjeuner très copieux, car comme le dit Nikita, « en Sibérie si tu ne manges pas tu crèves ». Vérification de nos sacs à dos, parés pour l’aventure. 10h départ en 4×4 pour la pointe de l’île, le cap Khoboï par le Baïkal.

Epaisseur de la glace entre 90 et 110 cm, c’est rassurant.

Vers 11h, nous arrivons au cap. Nous débarquons nos sacs à dos puis séance de photos. Le paysage est magnifique, superbe, c’est féerique.

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12h, c’est parti, nous nous lançons pour 3 jours de marche et 2 bivouacs sous la tente pour une traversée sud-nord de 70Km et rejoindre l’île d’Ouchkany.

Le ciel est nuageux, mais nous avons une très bonne visibilité. Le sac est lourd, les épaules souffrent, tout va bien…..les jambes ça va.

La 1ère heure de marche, j’ai glissé et chuté plusieurs fois. Heureusement sans mal car le sac à dos est un bon amortisseur. Mon apprentissage de la veille n’a pas été suffisant. Marcher sur la glace est un exercice qu’il me faut acquérir rapidement si nous voulons tenir le planning.

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Vers 18h, après 6 heures de marche, arrêt pour préparer le bivouac. Nos gourdes sont vides et nous éprouvons le besoin de boire chaud.

Le réchaud est sorti, les glaçons sont dans la casserole, maintenant, les allumettes. Pacha fouille ses poches, vide son sac à dos. Hélas, il faut nous rendre à l’évidence, nous avons oublié les allumettes.

Drame sur la banquise, nous n’avons pas de quoi allumé le feu. Sergueï tente d’allumer le réchaud en provoquant des étincelles avec les piles de son appareil photos. Après plusieurs tentatives, il faut se rendre à l’évidence ; nous mangerons froid et sucerons des glaçons pour étancher la soif.

Nous mangeons très peu, barres de céréales, raisins et abricots secs. Nous avons surtout soif. Nous montons la tente, quelques photos du soleil couchant sur la banquise (surtout à ne pas manquer), puis vite au chaud dans nos duvets car le vent se lève et le froid se fait plus intense.

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Le Baïkal est vivant, la glace est vivante. La nuit, c’est comme des coups de fusil ou de mitraillette. Dans la journée cela ressemble à des coups de canon. Ces phénomènes sont dus aux changements de température ; vers midi, nous avons droit au canon, vers minuit à la mitraillette.

C’est étrange et impressionnant surtout la nuit. Je m’y suis très vite habitué et en référence au dicton bien connu « qui dort dîne », alors nous avons bien dormi.

Mardi 27 mars :

Réveil à 8h30. Il ne fait pas trop froid, -9°. Petit déjeuner rapide, quelques abricots et raisins secs, puis démontage de la tente et équilibrage des sacs à dos. 9h30, départ pour le 2ème jour.

Sergueï a le moral en berne, il se plaint d’avoir mal aux pieds. Il est vrai que ses chaussures ne sont pas adaptées pour de longues marches. De plus, je pense qu’il a sous-estimé les efforts à fournir. Pourtant c’est Pacha et moi-même qui sommes les plus chargés.

Nous marchons d’un bon pas, sauf Sergueï qui se traîne et que nous sommes obligés d’attendre.

Nous souffrons plus de la soif que de la faim. Toute la journée nous suçons des glaçons (ce n’est pas dans mes habitudes, même pas dans mon whisky). Les glaçons sur la Baïkal, cela ne manque pas, mais il faut en sucer pour faire l’équivalent d’un litre d’eau.

Sergueï, n’arrive plus à suivre, il nous oblige souvent à faire des pauses ce qui ne nous arrange pas.

Vers 16h30, après 7h de marche, il laisse tomber son sac et s’assoit. Nous faisons de même.

Concertation pour définir un plan le plus approprié. En effet, nous avions prévu de marcher 20km le 1er jour puis 25km les 2ème et 3éme jour. Ce 2éme jour, il n’est pas certain que nous ayons parcouru 20km.

Il nous reste au moins 30km à marcher le lendemain, impossible vu l’état des pieds de Sergueï.

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Après discussion, nous avons décidé que Pacha qui marche vite continue jusqu’à l’île d’Ouchkany et que le lendemain avec le gardien de l’île et son camion 4×4, ils nous récupèrent en chemin.

Pacha nous laisse la tente et une partie de son sac à dos afin de marcher plus léger. Il est environ 17h lorsqu’il part pour l’île que l’on aperçoit au loin.

Sergueï et moi nous nous préparons pour un 2ème bivouac. Montage de la tente, dîner aux abricots et raisins secs.

Sergueï ne parlant pas le français ni l’anglais et moi ne parlant ni le russe ni l’anglais, très rapidement nous glissons dans nos duvets, là nous sommes bien au chaud.

Auparavant, j’ai rempli ma gourde de glace pilée. La gourde a couché avec moi sous le duvet. J’ai oublié qu’avec la condensation, la gourde se transformerait en gouttière.

Je me suis levé, et à l’aide de la lampe frontale j’ai récupéré une poche en plastique dans laquelle j’ai glissé la gourde qu’à nouveau j’ai placé contre moi sous le duvet.

Vers 23h, la glace s’est transformée en eau. Je bois abondamment mais par petites gorgées. Je réveil Sergueï et lui tend la gourde ; « Sergueï, voda » (eau en russe). Après avoir a tous les deux vidée la gourde, nous nous rendormons.

C’est Sergueï qui me réveille le lendemain à 9h (c’est la grasse matinée)

Mercredi 28 mars :

Tout est gelé sous la tente. Avec nos respirations, l’intérieur de la tente est givré, il fait -14°. (Ce n’est pas une température des Antilles).

Quelques abricots et raisins secs encore !) puis, nous démontons la tente et installons le matériel plus une partie de celui de Pacha dans nos sacs et nous repartons à marcher. Il est 9h30.

Au loin nous voyons l‘île d’Ouchkany, nous nous dirigeons droit sur elle. A part sa silhouette, rien à l’horizon.

Enfin, un point au loin qui se déplace en zigzagant entre les toros (amas de glace qui peut s’élever jusqu’à 2 mètres). C’est un véhicule qui se dirige vers nous et qui petit à petit nous distinguons mieux.

Il est 10h18 précises lorsque le camion s’arrête près de nous. Enfin nous allons boire chaud. En effet un thermos de thé brûlant est tendu par Youri (c’est le prénom du gardien)

Je n’ai jamais autant apprécié le thé bien chaud. Sergueï retrouve le sourire, il a fini de marcher. Pacha demande de nos nouvelles et nous demande si ça va et si la nuit s’est bien passée. « ça va très bien Pacha, avec Sergueï, nous avons fait la fête toute la nuit, il manquait seulement la vodka ».

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Nous installons dans le camion et en route pour Ouchkany pour un repos bien mérité.

Retour sur Pacha ; la veille il a marché de 9h30 jusqu’à 0h30 soit 15h de marche dont plus de 3h dans la nuit. Ce sont les lumières des fenêtres qui l’ont guidées, il est arrivé sur l’île au moment ou le gardien allait se coucher. Imaginez-vous la surprise du gardien !

Youri nous installe dans un chalet à côté du sien et nous apporte plusieurs omouls.

Je suis chargé de la corvée de bois pour le poêle et d’aller puiser l’eau au Baïkal pour les boissons chaudes, la soupe et faire un brin de toilette.

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Tout va bien, la température dans le chalet devient agréable, nous buvons beaucoup de thé, tisane, jus de melon.

Six omouls pour la soupe que Sergueï nous prépare, elle est excellente, nous mangeons 3 grandes assiettées chacun. Nous ne mangeons que ça, nous n’avons pas envie d’autre chose, surtout pas d’abricots et raisins secs. Nous avons dégusté et savouré cette soupe d’omouls.

Les tâches sont réparties, Sergueï à la cuisine, il aime ça et se débrouille très bien. Moi la corvée d’eau au Baïkal et de bois pour le foyer. Pacha, récupérant de sa marche de la veille (15h de marche), dort d’un sommeil réparateur.

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De ma fenêtre, je vois le Baïkal brillé de toute cette glace qui scintille sous un soleil resplendissant. Je me répète, mais c’est vraiment superbe.

Pacha et Sergueï dorment, j’en profite pour me raser. Surprise la bombe de rasage est gelée, je suis obligé de la mettre au bain marie. Enfin me voila rasé de près, je sors jeter l’eau sale et rincer la bassine, je rentre à la maison en tirant sur la poignée métallique de la porte. J’ai la main mouillée, elle colle à la poignée. Vite je la retire. Cela fait une drôle d’impression.

Eh oui, il faut que j’apprenne à vivre dans ces conditions rudes. Dans le confort de notre maison pellerinaise, nous avons perdu ces notions d’une vie ou la nature nous impose sa loi.

Vers 17h, Pacha et moi, partons visiter l’île. Nous montons au sommet, 216m, de celui-ci, découverte de 3 petites îles. En fait les îles Ouchkany sont composées de 4 îles ; la grande ou nous sommes hébergés et ou résident 2 à 3 pêcheurs, et 3 petites qui sont interdites d’accès car elles sont le lieu ou se réunissent plusieurs familles de nerpas (phoques d’eau douce).

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Youri est chargé d’en interdire l’accès surtout au printemps saison de la naissance des petits et l’été afin que les quelques touristes ne dérangent pas les nerpas qui se chauffent au soleil.

En descendant, du sommet (descente abrupte), j’ai perdu dans la neige le pare-soleil de l’objectif de mon appareil photo et inutile d’espérer le retrouver…..

Retour au chalet vers 20h, après 3 h de marche…c’était pour se détendre!

Après un détour par la cabane au fond du jardin, dîner ; pain et pâté, mais je préfère et de loin finir la soupe d’omoul. 21h, bania, la toilette nous revigore. 22h tout le monde au lit dans une chambre au chaud avec pour ce qui me concerne des images plein la tête.

Jeudi 29 mars :

8h, petit déjeuner. Pacha et Youri parlent ensemble. Youri allant à Oust Bargouzine dans l’après-midi propose de nous déposer à la pointe de verknéyé Izgolovyé. Le départ en 4×4 est prévu pour 16h.

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En attendant, Pacha et moi décidons de faire le tour de l’île à pied 3 h de marche de 10h20 à 13h30. Un détail qu’il faut souligner ; en marchant, il faut souvent se pincer les narines car les poils du nez givrent. Parfois, nous suivons des traces d’animaux que nous identifions pour certaines des traces de lièvre d’autres ressemble à des traces de chien pourtant il n’a pas de chien sur l’île. Des loups peut-être ? ( il faut bien se faire peur).

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Retour au chalet, Sergueï prépare la soupe d’omoul ; tout le monde en redemande.

Youri arrive vers 19h, trop tard pour le programme prévu. Avec son véhicule, il nous emmène jusqu’à la baie d Zmneinaya. Cela nous fait gagner 5 h de marche. Youri repart avec Sergueï qui nous abandonne pour aller à Oust- Bargouzine et de la, il rejoindra Oulan-Oudé ou il a de la famille. Pacha avait raison de douter des capacités de Sergueï.

Pacha et moi, marchons pendant environ 1h afin de trouver un lieu de bivouac à l’abri du vent car celui-ci souffle très fort et cingle le visage et c’est plus facile de monter a tente en l’absence de vent.

Nous trouvons une grosse roche pour nous abriter. Il est 21h00, la nuit commence à tomber lorsque nous installons notre 3ème bivouac sur le Baïkal. Nous sommes à environ 1h30 de marche d’un village de pêcheurs « Pokoyniki ».

Nous dînons des nouilles chinoises et de notre pain qui commence à dater (acheté le 26 mars à Khoujir) et qui n’est guère appétissant. Ce n’est pas le bon pain du Pellerin. Enfin, nous avons mangés.

Vendredi 30 mars :

Pacha se lève à 7h30, pour faire fondre de la glace. Grâce à la petite boîte d’allumettes (comme le dit pacha : le grand luxe) que Youri nous a donné, nous pouvons allumer le réchaud. Il faut toujours 1 heure pour amener l’eau à ébullition.

A 9h30, nous levons le camp, nous marchons pour rejoindre le village de Pokoyniki, hameau de pêcheurs au bord du Baïkal. Au bout d’environ 45 minutes de marche, un pêcheur en side-car propose de nous transporter jusqu’à Pokoyniki.

Nous voilà dans l’engin, Pacha sur le siège passager moi, dans le berceau… et à fond la caisse sur la glace. Je m’imagine dans un manège de fête foraine tant on est secoué, zigzagant entre les blocs de glace (les toros).

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Après avoir remercié notre chauffeur, nous effectuons quelques achats dans le petit commerce local afin de renouveler nos rations alimentaires et nous repartons.

Nous quittons le Baïkal et empruntons une piste dans la taïga pour rejoindre le golfe d’Oust Bargouzine. Environ 10km de piste sur une terre gelée et enneigée, cela nous change de la glace, le vent dans les arbres, la neige partout accrochée, la forêt que l’on sent habiter, un autre regard sur la Sibérie

A mi-chemin, un véhicule que j’identifie comme un fourgon de police arrive dans mon dos. Le chauffeur s’arrête à mon niveau et me parle. Ne comprenant pas le russe, je lui réponds « ya frantsouz, ya nié panimaïou » (je suis français, je ne comprend pas).Merci Nadia.

Il me fait un geste pour m’indiquer une direction, je lui réponds Oust Bargouzine !. Il me fait signe de monter. J’appelle Pacha qui est à 100m devant moi. Après quelques échanges, les policiers sont d’accord pour nous déposer au bout de la piste sur le Baïkal car notre désir et notre plaisir c’est la marche, même si c’est agréable et sympathique de nous offrir un transport gratuit.

Nous repartons à pied et marchons pendant environ 5h. Puis vers 17h, nous installons notre 4ème bivouac après 6h30 de marche. Après avoir dégagé un carré de neige, la tente est plantée à terre cette fois-ci et non sur la glace.

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Après dîner, nous bavardons jusqu’à à tard dans la nuit. Tous les sujets sont abordés : les filles, le projet pour Pacha de créer une agence de tourisme, sauf de politique, Pacha comme beaucoup de jeunes russes se désintéressent totalement de la politique.

Samedi 31 mars :

Je me réveille le lendemain samedi 31 mars à 7h30. Il fait très froid dans la tente, température -19°, c’est le matin le plus froid de notre périple. Pacha décide de rester au chaud dans nos duvets et d’attendre que le soleil chauffe. Je me range à son avis.

Je me lève à 9h30, je m’habille sans toucher les bords de la tente car avec la condensation, tout l’intérieur est givré, tout est blanc de givre. Je sors chercher de la glace pour prépare le petit déjeuner. Il faut toujours 1 heure pour faire fondre la glace et amener l’eau à ébullition.

A 11h15, après avoir plié et rangé tout le matériel, nous reprenons notre route pour aller jusqu’à oust Bargouzine.

Vers 14h30, une voiture de pêcheur s’arrête près de moi. Le conducteur me propose de m’emmener à Oust Bargouzine. J’appelle Pacha qui est devant moi, Pacha ouvre toujours la marche, il a une bonne allonge. Nous montons dans le véhicule.

Nous avons marché pendant 3 h, nous avons économisé 2h de marche. Les pêcheurs sont sympas il est clair que l’entraide ici, fait partie de la vie de tous les jours.

Mais heureusement que Pacha est avec moi, cela facilite le dialogue et les échanges.

Vers 15h, on nous dépose chez la personne qui nous héberge pour une nuit. Elle se prénomme Louba et nous prépare une bonne soupe chaude puis nous mangeons du hareng avec des pommes de terre. Je me régale, c’est quand même meilleur que les aliments lyophilisés.

Ensuite nous sortons explorer le village. La richesse ici, il faut la chercher, je me rends compte que la vie est rude et les gens sont de conditions modestes et plutôt pauvres.

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Il y a plein de petits magasins fourre-tout qui vendent de tout du stylo bille à la parabole en passant par la paire de chaussettes et les slips. Je me suis contenté d’acheter un stylo bille car j’ai perdu le mien quelque part sur le Baïkal.

Programme de ce soir : 19h bania, nous en avons besoin Pacha et moi, 21h dîner.

Jusqu’à ce jour, nous avons eu de la chance, le beau temps est avec nous, ni de pluie, ni de tempête (violente sur le Baïkal). J’en prends plein les yeux tant les paysages sont féeriques, la rencontres avec les gens se fait dans la plus grande simplicité. J’ai fait connaissance avec différents moyens de transport ; le camion de Youri, le side car du Pêcheur (impressionnant), le fourgon de police, le véhicule d’autre pêcheurs ; Il manque le chameau mais dans cette région, je n’en ai pas vu quoique sur le Baïkal il ne faudrait s’étonner de rien, nous sommes proche de la Mongolie.

Le bania m’a fait du bien. Pacha m’a fouetté (doucement) le dos avec un ballet de bouleau trempé dans de l’eau aromatisée aux plantes, cela active la circulation du sang parait-il, mais plus sûrement les seaux d’eau froide qu’il m’a jeté sur le corps. Alors la, oui je peux dire que ça fouette le corps plus sûrement que le balais de bouleau. J’ai eu droit au bania russe intégral et j’en suis sorti vivant.

Dimanche 1er avril :

Louba nous réveille à 5h40. Nous devons prendre un minibus entre 6h30 et 7h pour se rendre à Oulan Oudé capitale de la Bouriatie.

En principe le bus part quand il est au complet pour des questions de rentabilité. C’est pour cela que l’heure de départ indiquée n’est jamais l’heure réelle sauf si par chance il est complet à la dite heure. Il faut environ 5h de trajet sur des routes non asphaltées.

Après un bon petit déjeuner avec Louba, et après l’avoir remercié pour son accueil et lui avoir dit au revoir, c’est le départ.

Nous quittons donc le Baïkal pour la capitale de la Bouriatie. Cette région peuplée d’asiatique a été annexée par la Russie. Avant elle faisait partie intégrante de la Mongolie.

Vers 13h, nous arrivons à Oulan Oudé. Nous allons à l’hôtel pour 2 nuits. Hôtel en travaux pour une modernisation et une mise aux normes. Nous y déposons notre barda, nous sortons pour trouver un restaurant car nous avons une petite faim.

Tout l’après-midi nous déambulons dans le centre. Dans un parc, il y a encore une énorme tête de Lénine sur son socle (impressionnant cette tête).

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Les regards se tournent souvent vers nous car nous dénotons habillés de nos vêtements de randonnée dans une grande ville.

Le soir dîner dans un restaurant mongol situé à quelques kilomètres du centre ville. Nous sommes dans une yourte, le décor est magnifique, tout rappel Gensis Khan héros mythique de la Mongolie. Et bien sûr le menu est mongol…..mais bon.

Périple en Sibérie Périple en Sibérie

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23 h, au lit qui est ma foi plus confortable que le matelas de neige et de glace de nos bivouacs.

Lundi 2 avril :

Le matin, départ en minibus pour visiter un datsane (temple boudhiste) à 1h de route de Oulan Oudé. Le site est compose de plusieurs temples aux couleurs magnifiques, une vingtaine de moines habitent ces lieux de prières.

En déambulant entre les temples, nous faisons tourner les moulins de prière (cela ne coûte rien et puis sait-on jamais, ça peut toujours servir).

Nous entrons dans un temple et nous assistons à la cérémonie de prière de moines et de quelques croyants qui comme nous ont fait le déplacement. Une différence, eux prient, nous, nous regardons et écoutons. Nous laissons quand même notre offrande ; quelques roubles afin de ne pas désespérer les dieux.

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Au retour à Oulan Oudé, en descendant du minibus, je me fais accoster par une jeune femme (c’est rare, que cela m’arrive….). Elle s’adresse à moi en français. C’est une étudiante qui étudie cette langue à l’université. Elle se prénomme Irène.

Irène est une jeune bouriate et elle est très heureuse de parler avec un français. Je trouve d’ailleurs qu’elle maîtrise parfaitement notre langue et je le lui dis. Elle rougit.

Pacha et moi avons le temps et nous bavardons pendant un bon quart d’heure. Echange de mèls et nous séparons.

Ce soir, nous sommes invités à dîner chez les parents d’Anya, amie de Pacha. Auparavant, nous faisons quelques courses car demain nous repartons pour le Baïkal pour la dernière traversée.

J’achète un bouquet de fleurs pour la maman d’Anya. Je ne verrais pas Anya car elle est à Moscou. Elle est parait-il une grande danseuse.

La soirée a été très chaleureuse, le père, Alexandre, Sasha pour diminutif et la maman, Victoria (qui est médecin) ainsi que la babouchka ont plaisir à recevoir un français pour la 1ère fois.

Ce sont des gens très simple et très gentils. Ils aimeraient nous recevoir Michelle et moi….Nous avons mangé des spécialités russes, et goûté à plusieurs alcools ; cognac de Mongolie, armagnac de Chine et de la vodka de Russie.

La coutume après avoir bien mangé et bien bu, chaque convive doit pousser sa chansonnette. Mes amis ont du avoir mal aux oreilles lorsque j’ai entonné le refrain de « Méditerranée » (Tino Rossi a du aussi se retourné dans sa tombe).

Vers 23h30, lorsque nous avons quitté nos hôtes, je n’étais pas très frais, il y avait un peu de tangage pour rejoindre notre hôtel. Il est vrai qu’en Russie, les trottoirs ne sont pas plans….

Mardi 3 avril :

Debout à 7h, toilette, ptit dèj. Nous devons prendre un minibus entre 9h30 et 10h pour Tankoy. Environ 3 h de route.

13h30, nous arrivons à Tankoy, nous traversons le village à pied pour rejoindre la rive du Baïkal. Au programme, une traversée de 40 km en 2 jours et rejoindre la côte ouest à Listvianka. Il est 14h nous marchons à nouveau sur le Baïkal.

La neige couvre le lac, elle est très molle, de plus il y a de l’eau entre la neige et la glace, la marche est pénible. A chaque pas on s’enfonce, nous n’avançons pas vite. Nous marchons jusqu’ 19h, j’arrête épuisé. En 5h de marche, nous n’avons parcouru qu’environ 15km sur les 40km à parcourir. Si mes calculs sont bons il reste 25 km de marche pour le lendemain.

La neige commence à durcir, nous pouvons monter la tente. Corvée de glace, au menu ce soir ; nouilles chinoises. 9h30, au lit pour récupérer.

Mercredi 4 avril :

Lever à 8h, tailler la glace pour le ptit dèj. 10h, nous revoilà repartis pour la dernière journée de marche. La neige est bonne et au fur et à mesure que nous avançons, elle est moins épaisse et nous finissons par marcher sur la glace. C’est plus agréable que la veille.

Périple en Sibérie Périple en Sibérie

L’après-midi, il fait 10°….la canicule. Nous marchons en évitant les plans d’eau qui se forment sur la glace. La rive se rapproche, il est 17h (7h de marche) lorsque nous prenons pied sur terre à Listvianka

Voilà, nous quittons le Baïkal, notre périple est terminé.

Notre ami Sergueï nous accueil avec une bière et un omoul fumé. Je peux vous dire que les deux ont très bien passé.

Pacha et moi, regardons le Baïkal qui brille sous le soleil couchant. Quelle belle aventure, des images plein la tête et que de souvenir à engranger. La fatigue est bien présente ; mais que c’était bien.

Sur les 11 jours, nous avons eu du beau temps. Ni pluie, ni neige, du vent bien sûr mais surtout le matin et le soir, très souvent, nous avons eu du grand soleil.

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Jeudi 5 avril :

Repos / promenade dans Irkoutsk et achats souvenir, sans oublier la vodka du Baïkal.

Vers 19h, j’invite mes amis Sergueï et Pacha au resto, pour fêter la fin de notre périple. Nous mangeons un menu à la française accompagné d’un vin français, très cher le vin à Irkoutsk.

Vendredi 6 avril :

Lever 5h30, pour être à 7h à l’aéroport et un départ à 8h pour Moscou. Nadia est déjà levée pour nous présenter un copieux petit déjeuner. Et c’est le moment des adieux, avec de l’émotion bien palpable pour Nadia et moi.

Les adieux aussi à Pacha à l’aéroport d’Irkoutsk. Ce n’est peut-être qu’un au revoir… !

Daniel MORISSON

Chaque hiver l’agence de voyage BaikalNature organise plusieurs traversées comme celle décrite dans ce superbe récit. Nous vous invitons à découvrir tous nos programmes de  voyages au lac Baïkal sur notre site internet www.BaikalNature.fr.

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