Le Pusa Sibiria

Aujourd’hui encore les chercheurs ne sont pas sûrs de l’origine des Nerpas. La première théorie veut qu’ils descendent des espèces ayant peuplés la mer intérieure (disparue depuis bien longtemps) au moment de la dernière glacation soit au Tertiaire. La deuxième hypothèse affirme qu’ils proviennent de l’Océan Arctique et ont rejoint le lac Baïkal en empruntant le Iénissei puis l’Angara.


Le Nerpa

Le Nerpa

Contrairement aux phoques de l’Arctique, les griffes du Nerpa sont plus grandes et épaisses et ce afin de s’adapter à une glace plus dure que celle de l’Océan. Leurs dents sont aussi plus petites car adaptées à la nourriture de petites espèces de poissons; ils se nourrissent de chair non pêchés par l’homme comme le Golomianka par exemple. Quant à leurs yeux, ils sont plus gros et leur permettent de plonger jusqu’à 200 mètres de profondeur. Aptes à rester de 20 à 25 minutes sous l’eau, ces mammifères pèsent en moyenne 50 kg mais un vieux mâle, lui, peut peser jusqu’à 150 kg! Réputés pour être les plus petits du monde, ils mesurent tout de même de 1.30 m à 1.80 m. Leur espérance de vie maximale est de 50 années.

Au nombre de 68 000 environ, les Pusa Sibiria occupent tout le lac mais surtout ses parties nords et centrales. La plus importante communauté vit le long des côtes des îles Ouchkani. Selon les scientifiques, le nombres de phoques appartenant à cette communauté s’élève à 2000 et reste stable depuis les années 30. Ils errent aussi beaucoup sur la côte Est de l’île d’Olkhone. Les Russes les chassaient autrefois pour leur fourrure, leur viande mais aussi pour leur graisse utile en savonnerie et en médecine pour le traitement des maladies pulmonaires et des ulcères d’estomac. Malgrès cela, la population de ces mammifères ne diminue pas et aurait plutôt tendance à augmenter. Alors les espèces continuent à être chassés, en modération toutefois. Mais les Nerpas sont à protéger car ils sont de plus en plus victimes de maladies dues à la pollution (provoquée notamment par l’usine de cellulose de Baikalsk). Des analyses récentes ont trouvé en leur corps un taux de dioxine trop élevé.

Pour ma part j’ai eu la chance de voir des Nerpas. Non pas au sein du lac Baïkal mais à Irkoutsk. Je ne cautionne pas le fait de priver ces espèces de vivre dans leur milieu naturel, mais le spectacle qu’ils ont donné m’a fortement impressionné. Ces animaux sont divinement intelligents. Croyez-moi, ils savent peindre et jouer de la musique! Leur maître tend un pinceau imbibé de peinture, le mammifère le saisit de sa bouche, frotte la toile en face de lui et redonne le pinceau. Ils soufflent dans des trompettes, sont aptes à marquer un panier mais savent également compter! Alors que le public énonce des additions et des soustractions à l’aide des chiffres compris entre 1 et 5, le Nerpas annonce le résultat en tappant de la nageoire et ce sans code visible de la part de l’entraîneur.

Le Baïkal peut être fier d’être habité par des êtres aussi intelligents que sont les Nerpas ces phoques d’eau douce uniques au monde!

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