Vitraux et Tangkas: même combat?

C’est en Mongolie que mes premiers contacts avec le Bouddhisme se sont établis. Novice en la matière, je me permets toutefois de faire part de mes impressions.

Zanabazar: « le prophète » des Mongols. C’est grâce à lui que le peuple s’est dévoué au Bouddhisme, religion bien différente de la mienne: le Catholicisme.

Les Bouddhistes mongols

Les Bouddhistes mongols

L’église est pour nous un bout de paradis sur Terre. Il est le lieu où l’on a cette chance de pouvoir se purifier en se confessant. Il est aussi l’endroit d’expression de notre allégresse et de nos supplices… Surrélevé, le Christ est là face à nous. Cloué sur sa croix, sa représentation quelque peu malséante nous révèle les aspérités d’un monde loin d’être rose. L’encerclant, le long des nefs, reposent les Saints. Chacun possède une histoire bien à lui, une histoire de gloires et de déboires renfermée dans la Bible, mode d’emploi de nos vies. En plus de cette dernière, pour que la transmission atteigne les illettrés, de chaleureux vitraux filtrant la lumière naturelle illustrent les scènes de la vie courante. Mais ces derniers sont bien trop élevés. Comment pouvoir les déchiffrer?

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Si le Catholicisme est davantage parlant au travers des écrits et des prêches, le Bouddhisme lui est un monde d’images, de représentations et de codes. Grâce à la position adoptée des mains et des doigts, il est possible de détecter la signification de ces statues de bronze. Bouddhas de quiétude, de longétivité, de bonheur, tous sont rassurants. Mais quand est-il alors de ces masques aux expressions hostiles voir démentielles? Les démons ont-ils leur place dans cette religion? Au sein du temple de la pitié de Choijin Lama à Oulan Bator, sans connaissance théorique sur le sujet, c’est en observant tous ces visages que j’ai ressenti ce qui suit. Chaque visage représenterait tous les comportements négatifs subtils que l’être humain est capable de générer: le sarcasme, la perfidité, la condescendance. Malgrès les apparences, ces derniers seraient là pour être vénérés car ils incarneraient le contraire de ce qu’ils laissent transparaître…

Le Monastère de Gandantegchenlin

Le Monastère de Gandantegchenlin

Outre ces statues et visages aux vertues curratives, les Tangkas (les peintures bouddhistes) présentent fréquemment des scènes de violence ou érotiques. Il est évident que le Bouddhisme est davantage dans le concret des choses, le tout dans un monde haut en couleur, en senteur et en musique. De l’autre côté, le Mal et le Bien pour un Catholique sont représentés par le paradis et l’enfer, par des représentations détournées telles tendre la joue si l’on nous frappe ou donner son manteau à celui qui a froid. Les églises privilégient une apparence neutre. Leur architecture est ingénieuse mais l’abscence de décor tapageur permet de cultiver la modestie.

La représentation de l'amitié

La représentation de l'amitié

De même, la relation au plaisir est traitée de manière tout à fait différente selon que nous ayons à faire à l’une ou l’autre des religions. Si les Bouddhistes sont très démonstratifs, les Catholiques, eux, sont beaucoup plus pudiques à ce sujet. Alors qu’il existe des Bouddhas adoptant des positions sexuelles - c’est le cas dans le temple de Yadam - les Catholiques eux, abordent le sujet en faisant uniquement référence à l’enfantement. Alors que la gourmandise fait partie d’un des sept péchés capitaux, les Bouddhas bien portants sont vénérés.

Quoi qu’il en soit, dans les méandres des jardins des temples, il est toujours très agréable de tenter de percer le secret du Bouddhisme: une religion large et complexe.

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