A deux doigts d’une découverte révolutionnaire

Etudes de l’eau du Baïkal en septembre 2008

Etudes de l’eau du Baïkal en septembre 2008

Le lac Baïkal se trouve dans la zone sismique. Chaque année les géologues enregistrent 2000 secousses sur le Baïkal parmi lesquelles il y a celles qui ne se sentent pas et celles qui mettent la population en panique. Afin d’étudier la dépression baïkalienne dont la formation n’est pas encore terminée, ce que prouvent les tremblements de terre fréquents, à Irkoutsk était créé l’Institut de l’écorce terrestre.

Aujourd’hui les scientifiques irkoutiens sont à deux doigts d’une découverte révolutionnaire. En analysant les changements du dosage de l’hélium dans l’eau du Baïkal, le gaz qui se produit dans la zone de la rupture de l’écorce terrestre, les chercheurs ont reçu les premières preuves de ce que son augmentation brusque est un signe prémonitoire du tremblement de terre à venir. Il a fallu quatre ans d’attente pour que cette hypothèse puisse être confirmée par un séisme de 6 points en août dernier. Deux jours avant le séisme le taux de l’hélium est brusquement tombé jusqu’aux valeurs qui n’étaient pas vues depuis quatre ans. Un jour avant les secousses il est remonté jusqu’au point maximal et s’est normalisé après le tremblement.

Ce que l’eau peut prédire le tremblement de terre, on le sait depuis longtemps. 10 ans les scientifiques de Tachkent ont surveillé le taux du radon dans les eaux souterraines. En 1966 avant les fortes secousses ils ont aussi découvert sa montée subite. Les Irkoutiens, eux, ont décidé d’examiner l’hélium. Sur le Baïkal de telles recherches n’étaient pas entreprises antérieurement. L’hélium apparaît dans les zones de la fracture de l’écorce terrestre, s’arrête dans les sédiments benthiques, remonte successivement à la surface et se volatilise. Pendant le tremblement, l’état tendu de l’écorce terrestre se désaccorde, il se passe un mouvement. Cette secousse attribue à la pénétration plus intensive du hélium des sédiments benthiques.

Les échantillons de l’eau du Baïkal sont prélevés par les scientifiques à côté du village de Listvianka tous les jours de la profondeur de 500 mètres à la distance de 1700 mètres de la rive. On transporte le gaz volatil dans les bouteilles hermétiquement bouchonnées afin d’éviter sa volatilisation et on mesure tout de suite sa proportion dans l’eau. Les recherches sont menées à l’aide d’un appareil spécial, les données sont enregistrées.

- Peut-être, semblent-elles évidentes. Ce n’est pas étonnant. Mais pour notre lac Baïkal ce sont des révélations pionnières et révolutionnaires, - dit le directeur du laboratoire de la séismologie de l’Institut de l’écorce terrestre Valéri Imaïev.

L’étude de l’eau du Baïkal continue. Prochainement les échantillons d’eau pris en Bouriatie seront remis à l’Institut de l’écorce terrestre. La théorie des scientifiques d’Irkoutsk ne peut être confirmée que par les statistiques. Le phénomène qu’ils avaient observé en août dernier doit se répéter plusieurs fois avant que leur hypothèse soit acceptée et que l’on puisse confirmer qu’il est possible de prévoir le tremblement de terre plusieurs jours avant.

Synthèse et traduction par Ludmila Abramova d’après les sources locales.

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