Histoire de notre Impérator

Voici il est temps de raconter l’histoire de notre bateau «Impérator», chemin du rêve à la réalité.
Partie I : le Rêve
A l’âge de 7 ans j’ai fait mon premier voyage en bateau avec mon père. Il était en congé à Sévérobaïkalsk et il m’a amené avec lui. J’étais fou de bonheur! Le bateau appartenait à la société où il travaillait, c’était un Yaroslavets. Je ne me souviens plus de son nom. On est parti d’Irkoutsk pour rejoindre Sévérobaïkalsk situé au nord du Baïkal. La navigation a duré 8 jours au total et m’a beaucoup marqué. Non seulement c’était ma première navigation au Baïkal mais c’était aussi mon premier grand voyage à travers le lac (près de 1200 km d’aller-retour!). J’ai vécu plein d’aventures pendant cette semaine: tempêtes et beau temps, animaux sauvages et paysages grandioses. On était à peine 5 personnes à bord du bateau qui me paressait immense à mon âge. Je suis tombé amoureux de ce bâtiment et m’imaginais un grand navigateur. J’étais le seul gamin sur le bateau et je me sentais complice de son équipage. C’était trop intéresant tout cet engin! Je suivais le mécanicien dans la salle les machines, j’ennuyais le capitaine avec mes questions sur tous les équipements du bateau… Ils devaient avoir leurs propres enfants et répondaient inlassablement à mes interrogations. Pour la première fois j’ai regardé dans le radar. C’était mystique, comme à la télé! Et…, un matin, le capitaine m’a demandé, comme si de rien, de tenir la barre, juste un instant. Il m’a montré le cap en indiquant l’extrémité d’un rocher au loin et m’a dit de diriger le bateau là-droit. Puis il est sorti du roufle et m’a laissé seul. J’étais heureux : je gouvernais un bateau! Ca durait déjà quelques minutes et je commençais à m’inquéter. “M’aurait-il oublié?” “Que dois-je faire si on approche le cap?” “A quelle distance dois-je le contourner, et que faire après? Et si je touche le fond?”. Il n’y avait personne sur le pont, tout le monde était en bas dans la cuisine. La situation était critique pour moi : j’étais le seul responsable du bateau en pleine marche abandonné par le capitaine. Je tenais fermement la barre sachant qu’on ne m’entendrait pas depuis les cabines. Le cap se dessinait de plus en plus nettement… A ce moment le capitaine est rentré. D’un ton jovial il m’a demandé si tout allait bien… Ce n’est que bien après que mon père m’a révélé que le capitaine n’avait jamait laissé le contrôle du bateau, à juste moment il avait repris la barre. Bien joué: l’histoire est bien rentrée dans ma mémoire!
Depuis je n’ai pas vraiment navigué au Baïkal jusqu’au moment où j’ai commencé à faire du tourisme. Une période de location de différents bateaux. Dans la plupart des cas c’étaient toujours des Yaroslavets, le type le plus courant et le plus adapté aux conditions et au relief du lac Baïkal. Yaroslavets est la dénomination populaire du type du bateau dûe à son chantier situé dans la région de la ville de Yaroslavl. On les trouve un peu partout en Russie. Après chacun le personnalise et lui donne un nom à sa guise. Un Yaroslavets standard a 21 mètres de longueur sur 4 mètres de largeur. Son tirant d’eau est de 1,2 mètres ce qui lui donne l’abilité d’accoster facilement. Son déplacement est de 40,4 tonnes. Le bateau est fait entièrement en acier soudé, dont l’épaisseur sur la coque varie de 4 à 10 mm. Ce chiffre dépend de l’année de construction mais surtout des modifications éventuelles dans telle ou telle partie du bateau.
Pendant quelques année on louait des bateaux et on rêvait d’en avoir un à nous. On était dégouté de leurs prix de location exorbitants. On avait l’impression qu’on vendait des croisières de luxe transatlantiques, tellement les prix finals des voyages étaient élevés. Mais le tourisme n’est pas encore bien développé au Baïkal. L’exclusivité se paye cher.

Ainsi on gardait notre rêve jusqu’au bon moment. Le moment est venu lorsqu’un jour je parcours des petites annonces et tombe sur une proposition d’un Yaroslavets se trouvant à Bratsk. Une ville situé à plus de 600 km au nord d’Irkoutsk! Le prix était de 3.000.000 roubles. C’était trop cher, mais par curiosité j’ai appelé pour me rensigner. Une dame au téléphone m’a appris que le bateau était en bon état, qu’il y avait un nouveau moteur changé en 2002 et que le prix n’était pas final. J’ai appris également que le bateau n’appartenait pas à la personne, qui n’était qu’un tiers qui revendait. J’ai demandé la dame si c’était possible d’avoir des photos. Sans vouloir aquérir un bateau cette année faute de fonds suffisants, l’idée et le rêve commence à me travailler et je passe une nuit blanche. Le lendemain je reçois les photos et découvre le nom du bateau - “Impérator” - l’Empeureur en langue russe…
En même temps j’entreprends des recherches sur Irkoutsk : les prix des Yaroslavets varient entre 3 et 14 millions… Ca ressemble à la folie. Bien qu’on ait bien travaillé ces derniers temps avec un hiver fructueux, culminé par un voyage d’envergure organisé pour des cinéastes américains, et avec la bienveillance possible des banques, on ne pourrait pas ramasser plus de 3 millions. A Irkoutsk, avec cette somme on ne peut acheter qu’un bateau à retaper intégralement. Donc, rien à faire. Un jour plus tard je trouve une annonce d’un Yaroslavets en vente à 2 millions à Irkoutsk. Je pars le voir immédiatement. Le bateau portant un nom peu sympathique de “Montajnik” (l’Installateur” en russe) était en bon état technique et nécessitait quelques petits travaux de rénovation. Il aurait fallut aussi changer de nom… Procédure bureaucratique ennuyeuse, car les approbations des noms pour tous les bateau en Russie viennent de Moscou. Mais Montajnik avait un grand avantage : il était déjà à Irkoutsk du côté du Baïkal. Tous les bateaux se trouvant en aval d’Irkoutsk dans le bassin de l’Angara, la seule rivière sortant du lac, était obligés d’être transférés par dessus le barage hydraulique d’Irkoutsk. Ce barrage n’a malheureusement pas d’écluses. Le dil se dessinait donc très avantageux. Je négocie et je réussi à battre le prix de cent mil roubles. On conclue le prix à 1,9 millions de roubles. Le lendemain je verse un acompte symbolique en gage de ma décision. Il reste à trouver juste une petite chose : l’argent.
Le propriétaire de Montajnik avait racheté le bateau à une organisation qui s’occupait de la maintenance des installations du barrage hydraulique. J’imaginais vaguement son rôle mais je réalisait que ce n’était pas un bateau de plaisance. Le propriétaire a accepté mon souhait d’étendre le payement à plusieurs échéances, la dernière étant fixé à deux mois plus tard. On était début avril 2008. J’ai commencé à préparer les papier pour la banque. Avec nos propres sous il nous fallait trouver au moins 2 millions pour pouvoir couvrir les frais des démarches administratives et des travaux de rénovation. On était en plein action avec les banques lorsque je reçois l’appel de “Montajnik” m’annonçant que la vente est annulée… Il s’est avéré que le bateau n’était pas en son nom mais qu’il ne le possédait que par une procuration générale. Visiblement les membres de l’organisation à laquelle appartenait “l’Installateur” n’étaient pas tous au courant de la vente de leur bien et ils ont réclamé leurs droits du bateau. Mon acompte de “Montajnik” m’étant rendu je me suis retourné vers l’Empeureur lointain : pourquoi pas essayer de trouver son propriétaire?
Par une connaissance dans l’Inspection navale de Bratsk j’ai pu obtenir les coordonnées du propriétaire de l’Impérator. C’était un ancien Général des Troupes de la région de Bratsk! Là, j’ai compris d’où provenait le nom fier du bateau. L’officier supérieur avait bâtisé son pavillon en hommage aux Empeureurs de la Russie tsariste. Après quelques conversations téléphoniques et avec une idée douce de pouvoir battre le prix de façon radicale j’ai pris Serguey avec moi et on est parti pour Bratsk. 10 heures de bus de nuit et nous sommes au bord de la Mer de Bratsk, appelée ainsi à cause de la réserve d’eau formée par une énorme centrale hydroélectrique, deuxième de sa taille en Russie. On était à la mi avril. Le printemps avançait, Irkoutsk était complètement “dégelée” alors qu’à Bratsk la neige grisaillait aux bords des rues. Des packs de glaces dérivaient en fondant autours d’Irkoutsk tandis que la Mer de Bratsk était toujours fermement soudée par la banquise. Ici on sentait l’influence de la latitude dominant à quelques disaines de kilomètres l’extrémité nord du Baïkal.

Nous avons trouvé l’Impérator figé entre deux autres bateaux. Il arborait un drapeau russe en loques, la peinture de la coque était craquelée et jaunie par le temps. Nous nous sommes mis à visiter toutes les cabines, salle des machines, fouiller dans les cales, vérifier la présence d’une rouille fatale : l’état général n’était pas brillant mais correct. Comme dans sa jeunesse il a travaillé dans la transportation du bois, la coque avait pris des coups et sa taule était légèrement ondulée à travers laquelle, par endroit, on devinait l’ossature du bateau. Mais faire des remarques au propriétaire à propos de tous ces défauts était absolument inutile lorsqu’il nous a dit son dernier prix. On a même laissé tomber la vérification du moteur, d’autant plus qu’on n’y comprenait rien du tout, dans ce gros diesel… Or, le prix final était de 1.650.000 roubles, ce qui était pratiquement deux fois moins cher que par la revente ! La cause principale de ce tarif cadeau était que le Général voulait vite toucher son argent et sans échéances… On a du tricher un peu en disant qu’on dispose de toute la somme et qu’on n’a qu’une partie sur nous, le reste étant à la banque à Irkoutsk. Le jour même on a versé l’acompte de 1.000.000 de roubles et on est retourné à Irkoutsk, toujours par le bus de nuit.
On devait trouver le reste en une semaine. Le lendemain on est partie à la banque avec tous les papiers de BaikalNature. Nous avons demandé un crédit de 2.000.000 de roubles pour une durée de 7 ans afin de ne pas trop étouffer notre petite boîte. Cette somme suffisait pour couvrir le solde du bateau et les frais des travaux de rénovation, aussi bien que pour acheter le nouvel équipement nécessaire. Le problème avec les banques est qu’elles mettent beaucoup de temps à étudier. Ce qui était notre cas. Au bout d’une semaine on n’avait toujours pas de réponse. Le Général voulait son argent et nous on inventait des causes pourquoi on ne règle toujours pas. La banque semblait nous embêter exprès : elle exigeait toute sorte de paperasses, des certificats supplémentaires, des relevés de compte d’il y a plus d’un an, nos diplômes même etc. Au bout de deux semaines, n’ayant pas trouvé de raisons contre nous, les banquiers nous ont accordé la somme demandée. Le bateau était enfin à nous !
Partie II : la Réalité
Le mois de mai avançait, la première verdure perçait à Irkoutsk. Le sud du lac était débarassé de son carcan de glace. On apercevait les premiers bateaux naviguer au large de la réserve d’eau d’Irkoutskoyé. Après quelques candidatures regetées on a trouvé le capitaine. Le « bouche-à-l’oreille » était plus efficace que les petites annonces : Valéri était ce que je cherchais. Agé de 58 ans et avec plus de 40 ans d’expérience, il a commençé sa carrière de marin à 14 ans ! Un vrai Capitaine. Peu après on est parti ensemble à Bratsk. Je lui ai confié l’Impérator en le laissant préparer le bateau pour une grande remontée de l’Angara. Il fallait attendre pas moins de trois semaines que la Mer de Bratsk se libère des glaces. Je suis retourné à Irkoutsk et me suis remis au quotidien de BaikalNature : la saison touristique commençait.
Valéri avait beaucoup de travail à faire pendant ce temps. Il fallait réviser tous les systèmes du bateau. Préparer et règler le diesel. Pour ne pas perdre le temps on a engagé une équipe d’ouvriers qui ont commencé à tout racler et nettoyer. On a gardé l’ancien capitaine, Oleg, pour qu’il aide Valéri à Bratsk et en route pour Irkoutsk. En même temps j’ai trouvé une société de transport qui pourrait s’occuper du transfert de l’Impérator par dessus le barrage d’Irkoutsk. On avait hate de ramener le bateau à Irkoutsk.

Le moment est venu le 28 mai 2008. La veille Serguey et Ludovic, notre stagiaire français, sont venus à Bratsk pour participer à la navigation jusqu’à Irkoutsk. Il n’y avait plus de glace sur l’Angara et l’Empeureur a quitté définitivement Bratsk. Quatre jours et demi plus tard, le 1 juin 2008, le capitaine annonce qu’ils sont aux approches d’Irkoutsk ! Il était dimanche. On attendait au bureau le coup de fil de Valéri. On s’est vite embarqué en voiture pour aller saluer l’arrivée de notre bateau. On a choisi le premier pont sur leur passage pour souhaiter le bienvenu à l’Empeureur. On est allé au milieu du pont à pied. C’était un moment solennel. Personne de notre équipe, à part moi et Serguey, n’avait vu le bateau. Quand on l’a aperçu au loin on a crié de joie ! Serguey, Oleg et Ludovic étaient sur le pont, Valéri tenait la barre. Ils ont fait un bon travail : l’Impérator était ramené sain et sauve à Irkoutsk. Un trajet de plus de 750 km de méandres d’Angara ! Plus tard le soir on a trinqué le champagne sur le pont du bateau pour célébrer la réussite du trajet. Mais c’était un moment court de bonheur : l’Impérator n’était pas encore à la maison, il n’était toujours pas du côté du Baïkal. Demain il nous fallait le préparer pour le transfert par-dessus le barrage.

La centrale hydroélectrique d’Irkoutsk sert aussi de pont entre les deux parties de la ville. Une ligne de trolley passe par là. C’est cette ligne perchée à 6 mètres du sol qui complique la vie aux convois exceptionnels comme le nôtre. Avec le mat replié et en tenant compte de la hauteur de la remorque l’Impérator ne rentrait pas dans cette limite. On le savait à l’avance. Comme c’était le cas d’autres Yaroslavets transférés de Bratsk au lac Baïkal nous étions obligés de couper délicatement tout se qui dépassait la superstructure. On a fait ces préparatifs obligatoires dans la journée du 2 juin pour effectuer le transfert dans la nuit du 3, comme c’était convenu avec les transporteurs. Une place dans le port d’Irkoutsk achetée à l’avance attendait le bateau. Normalement on devait être là le lendemain et on aurait pu commencer immédiatement les travaux. Selon les estimations il nous fallait trois semaines pour rénover l’Impérator. Son poid était de près de 50 tonnes. Les spécialistes de la companie disaient que pour raison de sécurité la capacité de la grue devait surpasser largement le poid du bateau. La plus puissante des grues disponibles à Irkoutsk ne faisait que 50 tonnes. On a pris donc une deuxième grue de 40 tonnes. Ca devait se faire du soir du 2 au matin du 3 juin. Par malchance on a appris que la grande grue est tombée en panne… et qu’en plus la piece n’était pas réparable et qu’on devait la faire venir du Japon. Tout était en suspens. Le patron des transporteurs assurait qu’il cherchait un remplacement, que toutes les autres grues de 50 tonnes étaient en location dans des chantiers. On ne pouvait non plus la remplacer par une machine moins puissante. Tout était reporté à quelques jours. Ce qui était facheux en plus c’est qu’on ne pouvait pas commencer les travaux là où on était : pas d’électricité, pas d’embarcadaire, pas de conteuneurs à ordures… Les jours passaient mais il n’y avait pas de solution. On était à s’engueuler avec le patron qui ne pouvait rien accélérer. Nous ne pouvions pas changer de compagnie aussi : il n’y avait que cette société à Irkoutsk qui faisait des transferts pareils. Il fallait attendre. Cela nous mettait en l’air tous nos plans des premières croisières… Comme ça on a perdu deux semaines jusqu’à ce qu’ils réparent l’engin. Pendant ce temps on n’a pu faire que racler et repeindre les cales de la poupe du bateau.

Le 17 juin 2008 on a commencé le transfert. Le jour était ensoleillé. On a fermé le bureau et on est partie toute notre équipe assister à l’événement. Quand on est arrivé sur place les gens installaient les grues mobiles. C’était deux énormes Mitsubishi Kato. Le sol était sablonneux il fallait donc bien les caler. Le bateau devait être attaché par deux cables tirés par l’une des grues chacun. On a rabaissé les ancres pour faire passer le cable dans les « narines » de l’Impérator. L’autre cable enlaçait la coque à la poupe. En quelques minutes le bateau s’est retrouvé en l’air ! Encore quelques instants et il était posé sur la remorque. Pendant tout ce temps Valéri restait sur le pont en profitant du vol libre de l’Empeureur !

Cette nuit on devait traverser les rues d’Irkoutsk pour rejoindre la plage Yakobi, l’endroit où s’effectuerait la mise à l’eau de Baïkal. Habitué à avoir des soucis innatendus je ne me suis pas étonné quand les transporteurs m’ont dit qu’il manquait le permis de couper le courant. Sans cette authorisation on ne pouvait pas passer au-dessous de la ligne du trolley sous tension. L’entreprise était remise au lendemain, le bateau étant resté sur la remorque au bord de l’eau.

Le 19 juin 2008 vers 1 heure du matin notre équipe est venue suivre le convoi exceptionnel. L’Impérator se trouvait déjà au bord de la route Starokouzmikhinskaya. A partir de là commençait la circulation intense et il fallait attendre la nuit pour bloquer les rues. Le capitaine qui restait tout le temps près du bateau attendait dans sa voiture. Tout était prèt, on n’attendait que le signe des gendarmes. A une heure et quelques minutes le caravane s’est enfin ébranlé et on est parti défiler à travers Irkoutsk à une vitesse de 5 km/h. Il y avait une chose difficile dans ce trajet : c’est de passer un virage de 45’ avec un sol incliné. La remorque y a fait pencher le bateau à un degrée fatal (à mes yeux)… Je pense que j’ai failli faire une crise là… Pour le reste tout s’est bien déroulé.

On a traversé tout un quartier en se donnant en spectacle aux pietons tardifs. Les gens filmaient avec leurs portables. Je suivais le convoi à pied, enrubanné de caméra et appareil photo. Un pieton m’avait pris pour un badaud et m’a demandé : « Vous aimez filmer les convois exceptionnels ? ».

Au lever du jour on a remis l’Impérator à l’eau. Tout s’est passé dix fois plus vite. Sans grues. Sans problèmes. Il a suffit juste de détacher les sangles qui ligotaient la coque et de plonger la remorque dans l’eau. Le bateau a été entraîné tout seul par la vague.

Dans une demi heure on était enfin dans notre port d’Irkoutsk, golfe Tchertougueyevski. Le lendemain les travaux ont commencé. Comme planifié leur durée était de trois semaines, mais avec un décalage à cause de l’attente sous le barrage. On a pratiquement tout refait à neuf : revêtement des cabines, peinture, circuits électriques, système d’extinction et de pompage, nouveau radar et radio. On a acheté aussi de nouveaux gilets de sauvetage, un nouveau radeau pour 20 personnes, un nouveau canot pneumatique à 6 personnes, deux nouveaux bouées (en plus des 4 existants). On a installé une cabine de douche et on a renouvelé le coin toilette. On a équipé à neuf la cuisine. On a mis un nouvel hélice. On a fabriqué une superbe table en bois massif avec la carte du Baikal détallée recouverte de verre, le tout se trouvant sur le pont sous un grand parasol. Bref, on a rendu l’Impérator confortable pour les croisières au Baïkal. Tout comme on en rêvait !

Ensemble, on a fait un grand effort. On a offert un nouveau bateau au Baïkal. Et on s’est donné une vague de liberté.
PS: Si j’ai pu réaliser ce rêve en m’absentant pour de longs moments c’est parce que j’ai ma main droite ferme en personne de Ludmila. Elle a assuré toute la gestion de l’agence et démontré une efficacité enviable lors des situations problématiques. Merci Luda!
Je dédie cette article à tous mes amis francophones à qui je n’ai pas donné de mes nouvelles pendant un long moment. En espérant avoir partagé ainsi une période de ma vie.
Venez voir plus de photos de l’Impérator sur notre site de voyage www.baikalnature.com
Pavel Ageychenko
18 août, 2008
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18 septembre, 2008 @ 0:50
Zdorovo !
Pozdravlyaju vseh s novym, pervym korablem !
Pust’ baikalskoe more poljubit ego kak detja svoe.
Skoree by ego posmotrit’ v glazah !
Podnimaju polnji stakan Muscadet du pays nantais za ego putishestvija.
Clément, nantskii plotnik
23 octobre, 2008 @ 21:59
Magnifique histoire. Il va falloir que je revienne sur place pour naviguer sur l’Imperator)))