Un commentaire

  1. lerat annick
    16 octobre, 2008 @ 21:10

    Nous avons eu la chance mon mari et moi même de découvrir le Baikal et de passer 6 jours sur l’île d’Olkhone avant de partir pour la Mongolie, cele reste pour nous un voyage inoubliable et hyper reposant.
    Nous en avos tourjours plein les yeux et ne nous lassons pas de regarder nos photos.

Baïkal Voyage à la carte Juillet 2008

Carnets de route

Par Michel Turk 

J’ignore si l’âme russe, tant recherchée dans la littérature, est si différente des autres. De Dostoïevski à Tchekhov en passant par Gorki et Pouchkine, j’ai sans doute trouvé des raisons suffisantes pour un jour me rendre dans cet immense pays et y identifier son âme. Pour la reconnaître comme on reconnaît l’ouverture du concerto pour piano et orchestre de Tchaïkovski : grandiose. J’ai choisi la Sibérie pour ce faire : terre d’exil et de déportation, terre de contraste, terre du grand froid que l’imaginaire peuple des ours et des loups plus que des hommes. Là où les hommes me paraissaient ressembler au personnage de Derzou Ouzala dans le film de Kurozawa. Ce film qui mêle d’anciennes légendes sibériennes à l’immensité des paysages de la taïga dans un flot de poésie m’a conduit en juillet 2008 sur les rives du lac Baikal. Accessoirement botaniste à mes heures perdues, j’ai trouvé une flore endémique mais aussi une flore malheureusement disparue des reliefs alpins ou de plus en plus rare : Edelweiss, anémones pulsatiles, iris nains, androsaces, campanules, aconits, saxifrages, azalées et lys martagon. Ce jardin d’Eden où les espèces poussent à profusion fait le bonheur du promeneur au bord de cette étendue sans fin d’eau douce. Deux espèces endémiques de lys constituent la cerise sur le gâteau : un lys rouge de la même taille que le martagon et un lys jaune semblable sauf dans sa couleur au lys des Alpes. Alors avis aux amateurs ! Faut-il ajouter que la taïga est riche en baies de toutes sortes, myrtilles, fraises des bois, framboises, mûres… que les champignons que l’on ramasse font une poêlée le soir.

Les randonnées au mont Makarova sur le nez du Baikal, sur l’île d’Olkhone, grande comme le lac Léman, et de Bolchyé Koty à Listvianka vous baignent dans une nature quasiment vierge où il m’a été possible de voir des biches, des renards, des marmottes. Mais ni ours, ni loup si tant est que leur rencontre fût souhaitable.

Restent les hommes. Réunion de gens de tous âges autour d’un feu de camp le soir, une guitare ou un accordéon et c’est parti pour un répertoire inépuisable de chansons russes ou même mongoles et quand une jeune fille vient t’arracher du groupe pour danser, tu oublies la morosité qui prévaut aujourd’hui dans la vieille Europe et te laisses emporter par l’enthousiasme dans un bain de jouvence. S’il est une âme russe, c’est dans ces moments-là que je l’ai ressentie. Cette sensibilité unique qui donne à l’émotion une autre dimension.

Mes deux guides francophones qui se sont succédés au cours du séjour ont facilité les échanges avec la population locale permettant ainsi un contact plus éclectique que le simple « bonjour, bonsoir, comment ça va ? » que permet l’anglais universellement mal parlé.

On ne résume pas trois semaines intenses en quelques lignes : le lac est un univers en soi. S’y baigner près d’Olkhone relève de la bravoure, voire du pari stupide comme cela a été mon cas. Ailleurs, dans les golfes ou vers Bolchyé Koty, c’est simplement réservé à ceux qui se baignent dans le Léman avant l’été.

Nos voyageurs 12 août, 2008

Laisser un commentaire

XHTML: You can use these tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <code> <em> <i> <strike> <strong>